Somalie, les autorités doivent libérer le journaliste Abdalle Ahmed Mumin

Somalie - Libération immédiate et sans condition du journaliste Abdalle Ahmed Mumin

Le 11 octobre, Abdalle Ahmed Mumin a partagé sur Twitter une vidéo semblant montrer une tentative de perquisition par des fonctionnaires armés de l’Agence nationale du renseignement et de la sécurité (NISA) dans les bureaux du SJS la veille au soir. L’après-midi même, il a été arrêté à l’aéroport international Aden Adde et empêché de se rendre à Nairobi pour rendre visite à des membres de sa famille

« Abdalle Ahmed Mumin est détenu arbitrairement pour avoir défendu le droit à la liberté d’expression en Somalie et exprimé ses inquiétudes face à l’interdiction par le gouvernement de ce qu’il qualifie de “diffusion d’idéologies extrémistes et terroristes" a déclaré la directrice d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, Muleya Mwananyanda

« Le placement en détention d’un défenseur de premier plan des droits humains et de la liberté de la presse sous des prétextes de sécurité nationale envoie un signal inquiétant aux journalistes, aux militant·e·s des droits humains et à toutes les autres personnes qui oseraient exprimer leur opposition au gouvernement somalien. Abdalle Ahmed Mumin n’a commis aucune infraction et doit être libéré immédiatement et sans condition.

« Les autorités somaliennes peuvent avoir des préoccupations légitimes relatives à la sécurité, mais l’interdiction de diffuser des “idéologies extrémistes” est excessivement large, vague et susceptible de donner lieu à des abus de la part de représentants trop zélés des services de sécurité et de l’État. Cette directive très stricte risque d’entraîner d’autres détentions arbitraires et une autocensure des journalistes par crainte des représailles. Elle constitue une attaque manifeste contre le droit à la liberté d’expression et doit être annulée de toute urgence. »

Complément d’information

Le 8 octobre, le ministère de l’Information somalien a émis une directive [1] interdisant la « diffusion de messages relevant d’une idéologie extrémiste par le biais des médias traditionnels et des réseaux sociaux ».

Le 10 octobre, le Syndicat des journalistes somaliens (SJS) et quatre autres organisations défendant les médias en Somalie ont publié une déclaration [2] et convoqué une conférence de presse pour exprimer leurs inquiétudes concernant l’impact de cette directive sur la liberté de la presse et la sécurité des journalistes.

Le 11 octobre, Abdalle Ahmed Mumin a partagé sur Twitter [3] une vidéo semblant montrer une tentative de perquisition par des fonctionnaires armés de l’Agence nationale du renseignement et de la sécurité (NISA) dans les bureaux du SJS la veille au soir. L’après-midi même, il a été arrêté à l’aéroport international Aden Adde et empêché de se rendre à Nairobi pour rendre visite à des membres de sa famille. Il a été transféré à Godka Jilaow, un centre de détention à la sombre réputation dirigé par la NISA à Mogadiscio, où il a été privé de tout contact avec ses proches et ses avocats.

Le 12 octobre, le ministère de l’Information a publié une déclaration [4] confirmant qu’Abdalle Ahmed Mumin était détenu par la police pour des motifs liés à la sécurité. Le 13 octobre, il a été présenté devant le tribunal régional de Benadir, où des représentants du parquet l’auraient accusé d’avoir enfreint une directive du ministère de l’Information en divulguant une vidéo « secrète », mais il n’a pas été officiellement inculpé. Le tribunal a autorisé son maintien en détention jusqu’au 16 octobre.

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