Somalie. Craintes de reprise du conflit à Mogadiscio où 400 civils ont été tués tandis que des milliers de personnes continuent de fuir


Déclaration publique

AFR 52/007/2007

Amnesty International a condamné ce mercredi 4 avril les attaques menées sans discrimination ces derniers jours à Mogadiscio, où 400 civils ont été tués. Amnesty International appelle le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi et tous les groupes armés à s’assurer que leurs forces respectent strictement les règles du droit international humanitaire et prennent toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils.

Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis le 2 avril, après quatre jours de combats intenses qui ont provoqué la fuite de Mogadiscio de dizaines de milliers de personnes. La population civile continue de fuir par crainte d’une reprise des combats. Cette dernière escalade du conflit a été décrite comme la pire en termes de violence depuis l’effondrement de l’état somalien en 1991, il y a quinze ans.

Plus de 100 000 personnes ont fui Mogadiscio ces deux derniers mois en raison du conflit, se réfugiant notamment au Somaliland, dans le nord-ouest et au Puntland, dans le nord-est. Selon certaines sources, plus de deux milles personnes nouvellement déplacées se trouveraient maintenant à Doble et Harehare, près de la frontière avec le Kenya. Il s’agirait principalement de femmes et d’enfants, pour lesquels une aide humanitaire d’urgence est nécessaire, mais la frontière est fermée depuis le mois de janvier pour des « raisons de sécurité » par les autorités kenyanes. Cette mesure a empêché des demandeurs d’asile potentiels de déposer une demande d’asile au Kenya, en violation claire du droit à la protection internationale pour les réfugiés.

Amnesty International lance un appel urgent à Mwai Kibaki, président du Kenya, pour qu’il rouvre la frontière et respecte les obligations du Kenya au regard du droit international relatif aux réfugiés. Amnesty International appelle également le gouvernement kenyan à faire en sorte que les organisations humanitaires puissent traverser la frontière pour rencontrer les personnes déplacées internes se trouvant en Somalie, comme mesure humanitaire d’urgence.

Une opération militaire de grande envergure menée par l’Éthiopie a débuté le 29 mars dans le sud de Mogadiscio, contre des opposants armés au gouvernement fédéral de transition, après la rupture d’une trêve de six jours qui avait été négociée par les chefs claniques. Le gouvernement fédéral de transition avait averti les civils de quitter certains quartiers de la ville avant le lancement de l’opération menée par des policiers du gouvernement fédéral de transition et des troupes éthiopiennes contre des insurgés présentés comme des « terroristes » liés aux derniers éléments des forces du Conseil des tribunaux islamiques somaliens battues fin décembre 2006.

D’intenses combats se sont déroulés pendant quatre jours, faisant plus de 400 morts civils, parmi lesquels des femmes et des enfants, tués lors des échanges armés impliquant l’artillerie, les hélicoptères de combat et les chars éthiopiens auxquels ripostaient les tirs de mitrailleuses et de lance-roquettes de leurs adversaires. Plus de 500 civils ont également été blessés ; certains ont pu être soignés dans les quelques structures médicales disponibles sur place, mais d’autres sont restés dans les rues sans être secourus. Des zones résidentielles, un marché, un hôpital et des camps de personnes déplacées internes ont été touchés par les tirs.

Les personnes qui se sont risquées à fuir leurs maisons pour échapper aux tirs d’artillerie menés sans discrimination sur la ville se retrouvent sans toit, sans eau, sans nourriture, confrontées aux bandits qui dévalisent et violent leurs victimes, en proie à l’hostilité des clans locaux. Les organisations locales et internationales d’aide humanitaire n’ont pas encore réussi à obtenir l’autorisation de rencontrer cette population civile déplacée, dont les rangs ne cessent de croître.

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