Soudan. Amnesty International utilise une technologie de pointe dans sa campagne pour la protection des civils au Darfour

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

AFR 54/025/2007

New York — Amnesty International utilise des caméras satellite pour surveiller la situation dans certains villages hautement vulnérables du Darfour, cette région du Soudan déchirée par la guerre. L’organisation de défense des droits humains invite les gens du monde entier à garder un œil sur 12 villages du Darfour en se rendant sur le site Eyes on Darfur (www.eyesondarfur.org), et à faire savoir au gouvernement soudanais que ces zones, tout comme d’autres parties de la région, sont surveillées vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
« Malgré le tollé soulevé depuis quatre ans par la mort et la destruction au Darfour, le gouvernement du Soudan refuse de tenir compte des demandes émanant du monde entier et de la résolution des Nations unies concernant l’envoi de soldats de maintien de la paix dans la région, a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International. Le Darfour a besoin de ces soldats pour faire cesser les violations des droits humains. Entre-temps, la technologie satellite nous permet de faire savoir au président el Béchir que nous surveillons la situation de près et que si de nouvelles atteintes aux droits humains se produisent, nous les révélerons au grand jour. Notre objectif est de continuer à faire pression sur le gouvernement soudanais pour qu’il autorise le déploiement des forces de la paix et pour faire changer la situation des civils qui vivent au Darfour. »
Ariela Blätter, directrice du Crisis Prevention and Response Center (centre de prévention et de réaction aux crises) de la section d’Amnesty International aux États-Unis (AIUSA), qui a dirigé la création du site Eyes on Darfur, fera une description de cette initiative et des possibilités qu’elle donne ce 6 juin, à l’occasion du Ve Symposium international sur le monde numérique à l’université de Berkeley, Californie. La présentation aura lieu de 14 h à 15h30, heure locale.
D’après Ariela Blätter, actuellement des photos des mêmes villages se succèdent à quelques jours d’intervalle. Ce laps de temps permet de repérer de nouveaux cas de destruction. Avec l’aide de chercheurs renommés, Amnesty International a tenté d’identifier des zones particulièrement vulnérables. Les critères utilisés étaient la proximité de ressources importantes telles que l’eau, les menaces d’attaques par les milices ou les attaques perpétrées dans les environs.
L’organisation a travaillé en étroite collaboration avec l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), une association pour le progrès de la science, qui a proposé ses compétences en matière d’imagerie satellite et de technologies géospatiales de pointe.
Les images transmises par les satellites commerciaux peuvent donner des informations visuelles sur la situation au sol d’objets ne dépassant pas 60 centimètres. Selon Lars Bromley, directeur du projet scientifique et des droits humains de l’AAAS, qui a conseillé Ariela Blätter sur des points techniques, les photos pourraient montrer des cases détruites, des regroupements de soldats ou des personnes en train de fuir.
Amnesty International s’est trouvée au tout premier rang des organismes tentant de réunir les travaux en matière de droits humains et la technologie satellite. Ainsi, en 2006, Amnesty International, l’AAAS et le Zimbabwe Lawyers for Human Rights (ZLHR, Avocats du Zimbabwe pour les droits humains) se sont unis dans un projet novateur visant à rassembler des informations sur la destruction d’une zone d’habitation par le gouvernement du Zimbabwe. Des preuves ont été apportées que le gouvernement avait détruit des zones entières, dont le campement de Porta Farm, forçant des milliers de personnes à partir de chez elles.
Les archives d’Eyes on Darfur contiennent des photos de villages détruits depuis le début du conflit en 2003 ainsi que des témoignages de spécialistes. Par exemple, sur une photo du village de Donkey Dereis dans le Darfour méridional, prise en 2004, on peut voir un paysage intact et des centaines de cases. Prise deux ans plus tard, une autre photo satellite montre que tout a été quasiment détruit – 1 171 habitations ont été rasées et la végétation recouvre le sol.
Eyes on Darfur constitue un nouvel élément de la campagne mondiale que mène Amnesty International pour faire arrêter les violations des droits humains au Darfour. En 2003 et 2004, Amnesty International a été l’une des premières à fournir des informations – des témoignages directs – prévenant la communauté internationale de la catastrophe humanitaire et des droits humains qui s’annonçait. En 2004, une mission de crise a attiré l’attention du monde et soulevé l’opinion publique sur les violences commises dans le pays. La dénonciation par Amnesty International des horreurs perpétrées – l’incendie de villages et les opérations de violence sexuelle contre les femmes et les jeunes filles – a fait prendre conscience au monde entier de la gravité de la situation.
Ce mois-ci, AIUSA lance le CD "Instant Karma : The Amnesty International Campaign to Save Darfur", une collection de chansons emblématiques de John Lennon, enregistrées par des artistes en vogue pour soutenir son action sur le Darfour et inspirer une nouvelle génération de militants des droits humains par l’intermédiaire de la musique. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.instantkarma.org.
Amnesty International en bref
Les 2,2 millions de membres d’Amnesty International sont des gens de tout horizon qui se mobilisent pour la protection des personnes, partout où elles n’ont pas droit à la justice, à la liberté, à la vérité ou à la dignité. Amnesty International, la plus grande organisation des droits humains au monde et prix Nobel de la paix en 1977, effectue des recherches sur les violences et les dénonce, mène des campagnes d’éducation aux droits fondamentaux, mobilise l’opinion publique et contribue à transformer la société afin de créer un monde plus sûr, un monde plus juste.

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