Communiqué de presse

Soudan du Sud. Les belligérants doivent mettre en œuvre l’obligation de rendre des comptes pour les atrocités commises

La signature d’un accord de paix le 26 août par le gouvernement du Soudan du Sud est une étape importante et vitale en vue de mettre un terme à la violence et de soulager les immenses souffrances de la population. Amnesty International appelle de nouveau les deux camps à s’engager sans équivoque à garantir l’obligation de rendre des comptes pour les atrocités commises durant le conflit, condition d’une paix durable.

« Les deux camps doivent respecter les conditions de l’accord de paix et veiller à prendre sans délai les mesures nécessaires pour traduire en justice les responsables présumés de crimes de droit international et accorder des réparations pleines et entières aux victimes », a déclaré Sarah Jackson, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et la région des Grands Lacs.

« Faire taire les armes et signer des accords ne suffit pas : si le Soudan du Sud est déterminé à inaugurer une nouvelle ère de paix et de responsabilisation, la communauté internationale doit rester vigilante et prendre des mesures concrètes afin de garantir l’obligation de rendre des comptes. Le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union africaine et les voisins du Soudan du Sud ont un rôle crucial à jouer pour que les mécanismes mis en place durant le processus de paix permettent de déférer les responsables présumés à la justice », a déclaré Sarah Jackson.

Complément d’information

Le secrétariat de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) a annoncé le 25 août que le gouvernement du Soudan du Sud signerait l’accord de paix afin de mettre un terme au conflit qui ravage le pays, lors d’un mini-sommet organisé à Djouba le 26 août.

Le conflit opposant le gouvernement du Soudan du Sud dirigé par le président Salva Kiir au Mouvement populaire de libération du Soudan dans l’opposition (MPLS dans l’opposition), avec à sa tête l’ancien vice-président Riek Machar, se poursuit depuis plus de 20 mois. On s’accorde à reconnaître que les deux parties au conflit ont perpétré des violations du droit international humanitaire et des violations flagrantes des droits fondamentaux, notamment des massacres, des viols et d’autres formes de violence sexuelle, des enlèvement et le recrutement d’enfants soldats au sein de leurs forces, des pillages et des incendies d’infrastructures civiles, et ont entravé l’accès à l’aide humanitaire.

La première date butoir pour la signature d’un accord de paix, le 5 mars 2015, avait été dépassée sans qu’un accord ne soit trouvé. La deuxième, fixée au 17 août, avait abouti à la signature d’un accord entre le MPLS dans l’opposition et un groupe connu sous le nom d’Anciens détenus, mais en l’absence du gouvernement.

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