communiqué de presse

Sri Lanka. Il faut agir sans tarder pour empêcher de nouvelles violences sanglantes contre les musulmans

Les autorités sri-lankaises doivent agir immédiatement afin de faire cesser les violences visant les musulmans dans le pays, et maîtriser les groupes qui prennent pour cible les minorités religieuses, a déclaré Amnesty International.

Au moins quatre personnes auraient été tuées et des dizaines d’autres blessées dans les villes côtières d’Aluthgama et de Beruwala (sud du pays), depuis que des émeutes hostiles aux musulmans ont éclaté après un rassemblement organisé dimanche 15 juin par le groupe bouddhiste radical Bodu Bala Sena (BBS). Des épisodes violents ont été signalés dans d’autres villes depuis ce jour-là.

« Il s’agit de la pire explosion de violence communautaire au Sri Lanka depuis des années et le risque qu’elle se propage est réel. Le gouvernement doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour y mettre immédiatement fin, tout en respectant les droits fondamentaux de toutes les personnes concernées. Les auteurs présumés d’homicides et d’autres actes de violence doivent être amenés à rendre des comptes, et il faut accorder aux communautés musulmanes en danger la protection dont elles ont besoin », a déclaré David Griffiths, directeur adjoint du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Les témoignages selon lesquels des policiers sont restés sans rien faire, refusant d’intervenir dans ces violences, sont très inquiétants et doivent également donner lieu à une enquête. Les forces de sécurité ont le devoir de protéger le droit de chacun à la vie et à la sécurité, quelles que soient les convictions ou l’identité des personnes concernées.  »

Bien que la police ait imposé un couvre-feu, les violences collectives visant les musulmans ont continué lundi 16 et mardi 17 juin, et se sont soldées par de vastes destructions de biens. Des logements et des magasins appartenant à des musulmans ont ainsi été brûlés et pillés. Des tensions couvaient à Aluthgama depuis plusieurs jours, à la suite semble-t-il d’une bagarre entre de jeunes musulmans et le chauffeur d’un moine bouddhiste.

Mais bien que des responsables de la minorité musulmane aient indiqué que la situation pourrait dégénérer, le gouvernement a autorisé le BBS à organiser le rassemblement qui a marqué le début de ces violences, manifestement sans se doter des moyens de les prévenir ni de les arrêter.

« Le nombre d’attaques et d’actes de harcèlement visant les minorités religieuses au Sri Lanka a augmenté de manière préoccupante ces deux dernières années, principalement du fait de groupes bouddhistes ou nationalistes radicaux. Ces groupes entretiendraient en outre des liens étroits avec de hauts représentants gouvernementaux. La violence accrue dont les minorités religieuses sont la cible ne peut être considérée comme un problème isolé - y mettre fin doit être une dimension essentielle de la réconciliation dont le pays a cruellement besoin depuis la fin du conflit en 2009  », a déclaré David Griffiths.

En 2013, Amnesty International a reçu des centaines de signalements d’actes de harcèlement, de menaces et d’agressions visant des musulmans et des chrétiens et leurs lieux de culte.

Après s’être rendue au Sri Lanka en août 2013, Navi Pillay, la haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, avait fait état de sa préoccupation face à « la récente explosion de l’incitation à la haine et à la violence contre les minorités religieuses ». Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a exprimé les mêmes inquiétudes en mars 2014 dans une résolution établissant une enquête sur les crimes de guerre qui auraient été commis durant le conflit armé au Sri Lanka.

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