Sri Lanka. L’attentat-suicide constitue une violation du droit international

Amnesty International a condamné les actes d’une femme, vêtue en tenue civile selon certaines sources, qui s’est fait exploser ce lundi 9 février, tuant 28 personnes et en blessant des dizaines d’autres à un poste de contrôle par lequel passent les civils fuyant la zone de conflit.

Cette tactique viole le droit international, qui interdit les attaques perfides, et elle accroît le danger auquel sont exposés les civils.

« Gommer la distinction entre civils et combattants augmente le risque pour des milliers de simples citoyens, prêts à tout pour fuir la zone de conflit, de faire l’objet de représailles et d’être pris entre deux feux », a déclaré Yolanda Foster, responsable des recherches sur Sri Lanka à Amnesty International.

Les Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul (LTTE) ont depuis longtemps recours aux attentats-suicides et ont déjà pris des civils pour cible par le passé. Ils n’ont pas revendiqué l’attaque perpétrée ce lundi.

« Les Tigres tamouls doivent renier immédiatement et publiquement le recours à des tactiques telles que les attentats-suicides commis par des personnes déguisées en civils", a estimé Yolanda Foster.

« Il convient de rappeler que le recours à ce type d’attaques par l’une des parties à un conflit armé ne justifie par que d’autres attaques illégales soient perpétrées en retour. Cette attaque perfide ne doit pas servir de prétexte à l’armée sri-lankaise pour commettre des violations à l’encontre de civils déplacés, qui doivent être traités conformément au droit international. Les forces de sécurité sri-lankaises doivent continuer de veiller à ce que leurs actions visent des cibles militaires, et non des civils. »

Le gouvernement ayant restreint l’accès des médias aux zones de conflit, il est impossible de vérifier les informations relatives aux événements sur le terrain.

« Dans une guerre sans témoins, ce sont les civils qui paient le prix du mépris des deux camps pour le droit international humanitaire. »

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