Sri Lanka. Le Conseil des droits de l’homme doit demander immédiatement le libre accès et l’établissement des responsabilités

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International se félicite de la décision prise par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies de se réunir en session extraordinaire mardi 26 mai pour évoquer la situation au Sri Lanka.

« Au nom des centaines de milliers de personnes en situation de vulnérabilité au Sri Lanka, et aussi de sa propre crédibilité, le Conseil des droits de l’homme devrait veiller à ce que le gouvernement sri-lankais prenne immédiatement des mesures concrètes pour résoudre la crise, en commençant par autoriser le personnel humanitaire et les observateurs internationaux à se rendre librement sur place, a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Océanie d’Amnesty International. C’est également le moment de nommer une commission pour enquêter sur les atteintes aux droits humains dont se rendent coupables depuis longtemps le gouvernement, les Tigres tamouls et les groupes paramilitaires. »
Dans un document adressé au Conseil, Amnesty International exhorte l’instance onusienne à venir en aide au plus de 250 000 personnes déplacées par les combats qui se retrouvent dans de véritables camps d’internement où les conditions de sécurité, l’approvisionnement en nourriture et en eau et les soins médicaux sont insuffisants. Ayant survécu à des semaines de combats intensifs, nombre de ces personnes sont grièvement blessées, sous-alimentées, épuisées et traumatisées.

Amnesty International continue de recevoir des informations faisant état d’un grand nombre de graves violations des droits humains telles que des disparitions forcées, des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements, du recrutement forcé par des groupes paramilitaires et des actes de violence sexuelle.
« Il ne faut pas perdre de vue que les problèmes de droits humains au Sri Lanka sont plus anciens et plus répandus que ce que révèle la crise humanitaire actuelle, a déclaré Sam Zarifi. La catastrophe actuelle s’inscrit dans le cadre d’une politique systématique de violations des droits humains, d’une défaillance des mécanismes institutionnels de protection des droits fondamentaux et d’une culture d’impunité pour les auteurs de violations qui remonte très loin dans le temps. »
Amnesty International attire en outre l’attention sur le fait que les Sri-Lankais vivant dans les zones contrôlées par les Tigres tamouls (LTTE) ont été victimes pendant des années d’atteintes à leurs droits fondamentaux prenant la forme de manœuvres de harcèlement, de menaces, de disparitions forcées et de recrutement d’enfants-soldats. Les LTTE avaient pour habitude de réduire brutalement au silence ceux qui s’élevaient contre eux au sein de la communauté tamoule.

Amnesty International demande au Conseil des droits de l’homme :

  • d’exhorter le gouvernement du Sri Lanka à autoriser immédiatement les observateurs et les organismes nationaux et internationaux, y compris les organisations humanitaires et de défense des droits humains et les journalistes, à se rendre partout dans le pays pour observer la situation et empêcher de ce fait que de nouvelles violations des droits humains ne soient commises. Il faut faire en sorte que les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge puissent dès à présent accéder, conformément à leur mandat, aux endroits critiques - tels que les points d’enregistrement et de filtrage de la population, tous les lieux de détention et les camps pour personnes déplacées - en vue d’empêcher les violations telles que les détentions arbitraires, les actes de torture et les autres formes de mauvais traitements, les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires. Ce libre accès est également très important pour permettre que l’aide humanitaire parvienne rapidement aux personnes déplacées.
    Le Conseil doit également demander aux détenteurs de mandats au titre des procédures spéciales de collecter immédiatement les informations pertinentes sur les atteintes aux droits humains commises par toutes les parties et de les transmettre au Conseil, et le gouvernement devrait être tenu de coopérer à ce processus ;
  • de mettre en place une commission pour enquêter sur les allégations de graves atteintes au droit international humanitaire et relatif aux droits humains commises par l’armée sri-lankaise et les LTTE lors des récents affrontements, en vue d’établir les faits et de faire des recommandations sur les moyens à mettre en œuvre pour que les auteurs de ces violences soient tenus de rendre des comptes ;
  • de demander la création d’une véritable mission d’observation des droits humains des Nations unies, pour aider le gouvernement sri-lankais à mettre en œuvre une réforme législative et d’autres réformes qui permettent de protéger les droits fondamentaux de tous les habitants du Sri Lanka ;
  • de décider de rester saisi de la situation au Sri Lanka après la fin de la séance spéciale, qui devrait constituer le point de départ d’une attention particulière portée par le Conseil à l’évolution de la situation dans ce pays.
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