SURINAME : L’impunité est à l’origine d’atteintes aux droits humains commises aujourd’hui

Index AI : AMR 48/002/2003

Tandis que l’ombre des violations des droits humains restées impunies
continue de planer sur le Suriname, de nouvelles violations sont commises
par les forces de sécurité dans ce pays.

Tels ont été les propos d’Amnesty International alors qu’elle rendait public
ce vendredi 7 février 2003 un nouveau rapport détaillant ses préoccupations
au Suriname et comportant une série de recommandations aux autorités pour
qu’elles alignent leur législation et leurs pratiques sur les normes
internationales en matière de droits humains.

Le document de l’organisation se fonde sur un texte qu’elle a soumis au
Comité des droits de l’homme des Nations unies, au moment où il examinait le
bilan du Suriname en matière de droits humains, en octobre 2002. Le Suriname
s’est engagé à soumettre son rapport au Comité dans les mois à venir. Les
recommandations du Comité au gouvernement du Suriname pour qu’il respecte
mieux les normes internationales relatives aux droits humains sont attendues
avant la fin de l’année 2003.

" Bien que certaines avancées aient été enregistrées dans l’enquête sur les
exécutions sommaires de 15 personnes en 1982, a déclaré Amnesty
International en relevant, par exemple, qu’en décembre 2002, des corps de
victimes avaient été exhumés dans le cadre de l’enquête judiciaire,
l’impunité reste la règle pour les graves violations des droits humains
commises sous le gouvernement militaire du Suriname. "

L’organisation a évoqué le massacre de Moiwana en 1986, où au moins 35
personnes - des femmes et des enfants pour la plupart - avaient été tuées
par des soldats dans le cadre d’une opération anti-insurrectionnelle. Selon
certaines informations, cette affaire attend actuellement d’être examinée
par la Cour interaméricaine des droits de l’homme, après le refus du
gouvernement de suivre les recommandations de la Commission interaméricaine
des droits de l’homme lui demandant d’enquêter sur ces violations.

" L’impunité est à l’origine de nouvelles atteintes aux droits humains, a
déclaré Amnesty International. Elle propage l’idée dangereuse selon laquelle
les responsables de violations des droits humains n’auront pas de comptes à
rendre. C’est en enquêtant sur les violations du passé que le Suriname
parviendra à éradiquer celles du présent. "

À l’heure actuelle, les préoccupations en matière de droits humains au
Suriname concernent plusieurs homicides commis par la police dans des
circonstances suspectes ; des allégations de coups et autres mauvais
traitements au moment d’une arrestation ou pendant une détention ; les
conditions carcérales déplorables - qui s’apparenteraient souvent à des
traitements cruels, inhumains et dégradants - et sur les insuffisances du
système judiciaire qui ont conduit à un nombre inquiétant de placements en
détention provisoire.

" Pour résoudre le problème des violations présentes ou passées des droits
humains, il faut que toutes les informations faisant état de violations
commises par des membres des forces de police et de sécurité fassent l’objet
d’une enquête approfondie, impartiale et indépendante, et que les personnes
soupçonnées d’être responsables de ces agissements soient déférées à la
justice ", a indiqué l’organisation.

" Les autorités du Suriname doivent aussi réformer de toute urgence les
systèmes judiciaire et carcéral, afin de les rendre conformes aux normes
internationales sur les réparations à accorder aux victimes de violations et
sur le traitement des personnes en détention ", a ajouté l’organisation.`

Amnesty International a aussi appelé le gouvernement du Suriname à prendre
des mesures pour abolir la peine de mort, à l’instar d’un nombre croissant
de pays.

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