Communiqué de presse

Swaziland. La lourde condamnation d’un journaliste et d’un avocat musèle la liberté de parole

La condamnation d’un rédacteur en chef et d’un avocat spécialiste des droits humains à deux ans de prison pour outrage à magistrat à l’issue d’un procès manifestement inique traduit la volonté scandaleuse des autorités au Swaziland de faire taire les voix discordantes, a déclaré Amnesty International.

« Avec cette sentence, le Swaziland fait savoir que le fait de remettre en causel’indépendance de la justice n’est pas acceptable. Il s’agit d’une attaque déplorable contre la liberté d’expression dans le pays  », a déclaré Deprose Muchena, responsable régional pour l’Afrique australe.

Bhekithemba Makhubu, rédacteur en chef du mensuel d’information The Nation, et Thulani Maseko, avocat spécialiste des droits humains, ont été condamnés vendredi 25 juillet à deux ans de prison, sans avoir la possibilité de s’acquitter d’une amende en substitution.

Ces peines remontent au mois de mars 2014, lorsque les deux hommes ont été arrêtés et placés en détention sur ordre du président de la Cour suprême, Michael Ramodibedi. Le magazine The Nation et ses éditeurs ont été condamnés à une amende de 100 000 Emalangeni (environ 7 000 euros).

Les charges d’outrage à magistrat retenues contre Bhekithemba Makhubu et Thulani Maseko découlent de la publication, dans le numéro de février du magazine The Nation, de deux articles dans lesquels ils exprimaient des préoccupations quant à l’indépendance et à l’intégrité de la justice au Swaziland.

Les deux hommes, qu’Amnesty International considère comme des prisonniers d’opinion, ont été arrêtés en mars sur la base de mandats insuffisants, n’ont pas été autorisés à consulter un avocat et ont été placés en détention provisoire à l’issue d’une procédure sommaire qui s’est déroulée à huis clos.

Lors de leur procès, il ne fait aucun doute qu’il y avait conflit d’intérêt, le juge présidant le tribunal ayant été nommé dans l’un des articles. En outre, avant que le jugement ne soit rendu devant le tribunal, le ministre de la Justice aurait eu une entrevue avec le juge dans son cabinet.

« Il est consternant qu’un conflit d’intérêt aussi flagrant ait été passé sous silence et que le procès se soit poursuivi. Ce procès, motivé par des considérations politiques, a enfreint la procédure judiciaire nationale et les normes internationales relatives aux droits humains », a déclaré Deprose Muchena.

« Nous considérons Bhekithemba Makhubu et Thulani Maseko comme des prisonniers d’opinion, arrêtés et détenus uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Les autorités du Swaziland doivent les libérer immédiatement et sans condition. »

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