Syrie : alors que les violences se poursuivent, les autorités sont priées d’abroger des lois répressives

28 mars 2011

La promesse du gouvernement syrien de lever l’état d’urgence en place depuis longtemps doit être rapidement matérialisée par des mesures concrètes, a déclaré Amnesty International lundi 28 mars, alors que parvenaient des informations faisant état de nouveaux morts parmi les manifestants au cours du week-end.

Une responsable du gouvernement a annoncé dimanche 27 mars que la loi d’urgence répressive en vigueur depuis 1963 serait abrogée, mais elle n’a pas précisé quand.

Les autorités syriennes subissent une pression croissante après la mort de dizaines d’autres manifestants dans plusieurs villes du pays.


« Pour être crédible, la promesse des autorités de lever l’état d’urgence doit être immédiatement appuyée par des mesures concrètes »
, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Le gouvernement doit expliquer précisément ce que les changements vont impliquer et quand ils prendront effet. »

« Entre-temps, le président Bachar el Assad doit réclamer la fin des homicides de manifestants dans les rues de Syrie et obliger les responsables de ses forces de sécurité ainsi que leurs subordonnés ayant eu recours à une force excessive à rendre des comptes. »

Selon des informations non confirmées, depuis vendredi 25 mars, 37 personnes auraient été tuées à Damas et dans d’autres localités, notamment à al Tall, Lattaquié, Deraa et Homs.

D’après des sources dignes de foi, au moins 55 personnes avaient déjà trouvé la mort dans la région de Deraa dans la semaine du 21 au 27 mars.

Amnesty International prie instamment le président syrien, Bachar el Assad, d’adopter plusieurs réformes essentielles en abrogeant la loi d’urgence.

« Au nombre de ces réformes doivent figurer la suppression des tribunaux spéciaux de sécurité, qui représentent depuis des années un véritable affront à la justice, et la fin de l’immunité contre les poursuites dont jouissent encore les membres des forces de sécurité et qui les encourage à bafouer systématiquement les droits humains », a ajouté Malcolm Smart.

« Il faut également que de nouvelles lois relatives aux médias et aux partis politiques soient adoptées de toute urgence pour que la population syrienne puisse exprimer des idées potentiellement critiques vis-à-vis du parti Baas, qui conserve la mainmise sur le pouvoir depuis près d’un demi siècle. »

Bien que les autorités aient rejeté la responsabilité des décès de militants sur des bandes armées, les éléments de preuve disponibles désignent le gouvernement et ses forces de sécurité comme étant à l’origine de ces morts.

« Ces affirmations à propos de bandes armées semblent remettre en question la crédibilité de toute enquête que les autorités ont pu affirmer être en train de mener », a déclaré Malcolm Smart.

« Les informations qui nous parviennent sans cesse et font état de nouvelles victimes mettent en évidence la nécessité de cesser le feu de toute urgence et de veiller à ce qu’une enquête minutieuse et indépendante soit menée dans les meilleurs délais afin que les responsables soient traduits en justice. »

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