SYRIE : Il faut cesser de prendre pour cibles ceux qui émettent des critiques

Index AI : MDE 24/021/02

Amnesty International s’est élevée aujourd’hui (mercredi 26 juin) contre la condamnation, par la Cour suprême de sûreté de l’État, de Riad al Turk et Habib Saleh. La condamnation de ces deux hommes constitue, selon l’organisation, une violation manifeste des obligations qui sont celles de la Syrie aux termes des traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels elle est partie.

La Cour suprême de sûreté de l’État a condamné aujourd’hui à deux ans et demi d’emprisonnement Riad al Turk, âgé de soixante-douze ans, pour « tentative visant à modifier la Constitution par des moyens illégaux ». Deux jours plus tôt, un autre prisonnier d’opinion, Habib Saleh (âgé de cinquante-deux ans) avait été condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement pour « opposition aux objectifs de la Révolution » et « incitation au conflit racial et motivé par l’intolérance religieuse ».
Amnesty International a demandé la libération immédiate et inconditionnelle de Riad al Turk et Habib Saleh dont elle considère qu’ils ont été jugés uniquement pour avoir exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d’expression. Riad al Turk, qui a des problèmes cardiaques et souffre de diabète, avait été libéré en 1998 après avoir été détenu de manière arbitraire, sans inculpation ni jugement, pendant plus de dix-sept ans.

« Les autorités du pays doivent veiller au respect du droit à la liberté d’expression défini dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel la Syrie est partie, a déclaré Amnesty International. Ceux qui émettent des critiques ne doivent pas être pénalisés simplement pour avoir exprimé de manière pacifique leur opinion. »

Riad al Turk, Habib Saleh et huit autres personnes ont été arbitrairement arrêtés et placés en détention en août et septembre 2001 en raison de leur engagement dans des groupes et des forums de la nouvelle société civile qui se dessine. Parmi eux figuraient deux parlementaires, Riad Seif et Mamun al Humsi, qui ont eu à répondre d’accusations similaires et ont été condamnés à cinq ans d’emprisonnement à l’issue de procès iniques. Les six autres prisonniers, parmi lesquels Aref Dalila, sont toujours en instance de jugement devant la Cour suprême de sûreté de l’État. Aref Dalila a affirmé qu’il avait été maltraité et frappé lorsqu’il était détenu à la prison d’Adra.

« Une enquête doit être menée sur la plainte pour mauvais traitements déposée par Aref Dalila contre les autorités carcérales, et aucun élément ou « aveu » obtenu sous la torture ne doit être utilisé contre lui par le tribunal », a conclu Amnesty International.

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