SYRIE : Libération de 312 prisonniers politiques : un premier pas ?

Aujourd’hui, 31 mars 2005, Amnesty International accueille avec satisfaction l’information selon laquelle le gouvernement syrien a ordonné dans le cadre d’une amnistie présidentielle la libération de 312 prisonniers politiques parmi lesquels des prisonniers d’opinion.

Plus d’une centaine de Kurdes syriens et deux prisonniers d’opinion syriens détenus depuis presque un an, Muhannad Al Dabas et Muhammad Arab figureraient parmi eux. Ces derniers ont été condamnés en mars 2005 à trois ans de prison par la Cour suprême de sûreté de l’État (SSSC) pour leur participation à une manifestation à l’université de Damas contre une nouvelle loi mettant fin à la garantie de l’emploi pour les titulaires d’un diplôme d’ingénieur.

Depuis de nombreuses années, Amnesty International demande instamment la libération des prisonniers d’opinion, un procès équitable tenu dans des délais raisonnables pour les prisonniers politiques et l’ouverture d’une enquête en ce qui concerne toutes les allégations de torture et de mauvais traitements en Syrie. Dans le rapport intitulé Syrie. Les Kurdes de la République arabe syrienne un an après les événements de mars 2004 (index AI : MDE 24/002/2005), publié en mars 2005, l’organisation rapporte de manière détaillée l’arrestation arbitraire de centaines de Kurdes depuis mars 2004. Au début de ce mois, au moins 180 Kurdes étaient détenus, la plupart sans jugement. On ne sait pas combien parmi eux ont bénéficié de l’amnistie présidentielle.

Amnesty International espère que ces libérations ouvrent une nouvelle ère pour la Syrie, une ère dans laquelle le respect des droits humains figurerait en bonne place dans l’agenda gouvernemental. Tout en se félicitant de ces libérations, Amnesty International continue à appeler les autorités syriennes à libérer les centaines de prisonniers d’opinion et de prisonniers politiques emprisonnés sans jugement depuis longtemps ou condamnés à l’issue d’un procès inéquitable. Nombre d’entre eux ont « disparu » après leur arrestation ou leur emprisonnement par les services de sécurité syriens.


Contexte

Des milliers de personnes, essentiellement des Kurdes syriens et des membres supposés de partis politiques ou d’organisations de défense des droits humains ont été arrêtées arbitrairement au cours des dernières années. Elles ont été maintenues au secret durant de longues périodes dans des lieux inconnus, sans avoir été présentées aux autorités judiciaires et sans pouvoir rencontrer un avocat ou leur famille. Beaucoup d’entre elles ont été torturées ou ont fait l’objet de mauvais traitements. L’année dernière, au moins neuf Syriens dont cinq Kurdes seraient morts, victimes de torture ou de mauvais traitements en détention. La plupart des personnes arrêtées ont été libérées après une période de détention sans faire l’objet d’une inculpation, mais des centaines d’autres restent emprisonnées sans inculpation ou à l’issue d’un procès manifestement inéquitable. Des centaines de Kurdes ont été arrêtés après des violences dans le nord-est de la Syrie en mars 2004 au cours desquelles au moins 36 personnes, en majorité des Kurdes, ont été tuées.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org

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