Tchad. Des milliers de personnes fuient les attaques des Janjawid

AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

AFR 20/012/2006

Amnesty International a appelé ce vendredi 20 octobre le gouvernement tchadien à déployer immédiatement des troupes le long de sa frontière avec le Soudan afin de protéger les civils des attaques menées par les Janjawid dans l’est du Tchad.

« Les civils sont une nouvelle fois la cible des Janjawid et encore une fois l’armée tchadienne se montre incapable de les protéger – la communauté internationale, quant à elle, n’a même pas commencé à mettre en œuvre le volet concernant le Tchad de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies votée il y a six semaines , a déclaré Kate Gilmore, secrétaire générale adjointe exécutive d’Amnesty International.

« Ces attaques menées contre des civils au Tchad nous montrent encore une fois l’urgence d’un déploiement immédiat de forces de maintien de la paix des Nations unies au Soudan, à la fois pour stopper les attaques contre la population du Darfour et pour stopper les attaques transfrontalières au Tchad. »

Amnesty International a appelé à la mise en place d’une présence des Nations unies dans des lieux critiques au Tchad et au déploiement de forces des Nations unies au Darfour pour surveiller les activités transfrontalières des groupes armés le long de la frontière avec le Soudan, comme le veut la résolution 1706 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 17 septembre.

Selon les informations obtenues par l’organisation, une nouvelle vague d’attaques transfrontalières entre le Tchad et le Soudan a débuté le 3 octobre et se poursuit depuis cette date.

Des dizaines de personnes ont été tuées et quelque trois mille autres ont fui au cours de la semaine passée – certaines de villages qui avaient été attaqués, d’autres parce qu’elles craignaient que leurs villages ne soient attaqués ; un camp du HCR abritant 3 500 Tchadiens déplacés à Habile a déjà atteint sa capacité maximale et l’on s’attend à d’autres attaques.

Au cours des dix derniers jours, près d’une douzaine de villages ont été attaqués dans l’est du Tchad ; au moins 40 personnes ont été tuées – parmi lesquelles un imam et ses quatre fils à Tamadjour, le 15 octobre. Lors d’une attaque à Marmadingue, dans le canton de Koloy, des hommes à cheval ont attaqué des villageois qui travaillaient dans les champs, tuant 22 hommes et une femme.

Les villageois qui ont fui décrivent les attaquants comme des Janjawid portant des uniformes de l’armée soudanaise.

Comme c’est la période des récoltes, de nombreuses personnes déplacées prennent le risque de retourner dans leurs villages pour tenter de sauver leur récolte – ce qui les rend vulnérables à de nouvelles attaques.

« Nous avions averti que les attaques risquaient de reprendre après la fin de la saison des pluies et elles ont effectivement repris, comme nous l’avions prédit, a déclaré Kate Gilmore. Ces attaques auraient pu être évitées si le gouvernement tchadien et la communauté internationale avaient écouté les avertissements lancés et agi en amont pour protéger les civils dans l’est du Tchad.

« Le gouvernement tchadien doit maintenant veiller à ce que son armée patrouille la zone et mène des actions de surveillance à la frontière pour empêcher de nouvelles attaques. »

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