Thaïlande, Les autorités doivent revenir sur la dissolution du Parti du nouvel avenir

Thaïlande

La Cour constitutionnelle thaïlandaise a statué en faveur de la demande de la Commission électorale de dissolution du Parti du nouvel avenir.

« La décision prise par la Cour constitutionnelle vendredi 21 février 2020 de dissoudre le Parti du nouvel avenir illustre la manière dont les autorités utilisent des procédures judiciaires pour intimider, harceler et prendre pour cible l’opposition politique. Les autorités thaïlandaises doivent revenir sur la décision de dissoudre le parti et restaurer de réels droits à la liberté d’expression et d’association dans le pays, a déclaré Nicholas Bequelin, directeur régional à Amnesty International.

« La dissolution du Parti du nouvel avenir est le point culminant de l’offensive incessante menée par les autorités thaïlandaises contre les cadres du parti et ses membres depuis les débuts de la campagne pour les élections générales de mars 2019 »

« La dissolution du Parti du nouvel avenir est le point culminant de l’offensive incessante menée par les autorités thaïlandaises contre les cadres du parti et ses membres depuis les débuts de la campagne pour les élections générales de mars 2019. Aussi bien avant les élections que depuis celles-ci, les autorités ont eu recours à de vastes restrictions légales aux formulations vagues afin de dissoudre le parti, et ont interdit au dirigeant du parti de siéger au Parlement.

« Le gouvernement thaïlandais, les membres du Parlement et tous les partis politiques en Thaïlande doivent s’engager à protéger le droit à la liberté d’expression et d’association. La communauté internationale, qui dans l’ensemble est restée silencieuse sur les violations des droits humains en Thaïlande, doit montrer clairement qu’elle n’acceptera pas l’interdiction de l’opposition politique. »

Complément d’information

La Cour constitutionnelle thaïlandaise a statué vendredi 21 février 2020 que le Parti du nouvel avenir devait être dissous, répondant ainsi favorablement à la plainte déposée par la Commission électorale thaïlandaise. La Cour a jugé que, en acceptant un prêt de 191 millions de bahts (environ 6 036 664 dollars américains) de son dirigeant Thanathorn Juangroongruangkit, le parti enfreignait les Sections 66 et 72 de la Loi organique sur les partis politiques, qui interdit les dons de plus de 10 millions de bahts (environ 316 000 dollars américains). La cour a également interdit à 16 cadres du parti de se présenter à des élections pendant 10 ans.

Avant les élections générales du 24 mars 2019 et après celles-ci, le gouvernement a lancé des attaques contre des opposants politiques perçus comme recevant un soutien accru du public. Un exemple criant a été la dissolution à caractère politique du parti Thai Raksa Chart le 7 mars 2019. Les cadres de ce parti ont été interdits de candidature à des élections pendant 10 ans.

Amnesty International est une organisation indépendante de tout parti politique qui ne soutient ou ne s’oppose à aucun candidat dans quelque élection que ce soit.

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