Communiqué de presse

Thaïlande. L’acquittement de deux journalistes est un pas dans la bonne direction

L’acquittement de deux journalistes en Thaïlande, jugés pour avoir publié une partie d’un article sur la traite d’êtres humains, est une décision encourageante pour la liberté d’expression, mais ces deux personnes n’auraient jamais dû faire l’objet d’un procès, a déclaré Amnesty International.

Alan Morison, rédacteur du journal en ligne Phuketwan, et la journaliste Chutima Sidasathian ont été déclarés non coupables des accusations de diffamation et de violation de la loi relative à la cybercriminalité dont ils faisaient l’objet. Cette loi sanctionne la diffusion d’informations falsifiées ou fausses, de source étrangère, recueillies en ligne, et qui pourraient nuire à une tierce partie ou au public.

Les accusations, portées à la suite d’une plainte de la Marine royale thaïlandaise, concernent la copie d’un paragraphe d’un article publié par Reuters en 2013, lauréat du prix Pulitzer et analysant le rôle de la Thaïlande dans la traite de migrants rohingyas.

« L’acquittement de ces deux journalistes est une décision positive. Il n’en reste pas moins qu’ils n’auraient jamais dû faire l’objet d’un procès et encore moins risquer des années d’emprisonnement. Les autorités thaïlandaises ont encore une fois fait preuve d’un mépris total pour la liberté d’expression en amenant cette affaire devant la justice », a déclaré Josef Benedict, directeur des campagnes du programme Asie du Sud-Est d’Amnesty International.

« Les dispositions de la loi relative à la cybercriminalité sont formulées de manière très vague et sont utilisées de manière abusive pour harceler les médias indépendants. Cette loi comprend des dispositions qui bafouent les droits humains et qui devraient être abrogées immédiatement afin de respecter les obligations de la Thaïlande au regard du droit international. »

« Il ne s’agit là que de la dernière d’une longue série d’attaques contre la liberté d’expression et les médias depuis que l’armée a pris le pouvoir en 2014. Les autorités thaïlandaises doivent cesser de se contenter de beaux discours sur les droits humains : les restrictions illégales pesant sur la liberté d’expression doivent être levées immédiatement, et les charges ainsi que les condamnations dont font l’objet un nombre croissant de prisonniers d’opinion doivent être abandonnées. »

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