Article

Tou(te)s ensemble pour soutenir les femmes et les jeunes filles du Salvador

Des militant(e)s du monde entier se sont réuni(e)s le 25 septembre pour une action de solidarité au moment où Amnesty International effectuait le lancement de son nouveau rapport sur l’impact de l’interdiction totale de l’avortement au Salvador.

« Il y a un dicton au Salvador, a déclaré Vicky Knox, co-directrice du Réseau des Femmes d’Amérique centrale (CAWN), selon lequel "les riches avortent, les pauvres saignent  ».

Le ton était donné. Toutes les personnes en présence ont immédiatement compris le profond désavantage qu’il y a à être pauvre au Salvador lorsqu’on est une femme ou une jeune fille devant prendre une décision concernant sa sexualité ou le fait d’avoir des enfants.

Au Salvador, l’avortement est interdit en toutes circonstances. Peu importe que l’on se retrouve enceinte à la suite d’un viol, que la grossesse représente un risque pour la vie de la mère ou que le fœtus n’ait aucune chance de survivre : dans ce pays l’avortement est un crime quel que soit le cas.

Cette injustice, ce scandale, voilà ce qui nous a amené(e)s au siège international d’Amnesty à Londres ce soir-là. Qu’il s’agisse d’employé(e)s d’Amnesty, comme moi-même, ou de militantes du CAWN ou de My Belly is Mine (mon ventre m’appartient), nous étions là pour témoigner notre solidarité aux milliers de femmes et de jeunes filles du Salvador qui sont privées du droit de contrôler leur vie et leur destin par une loi qui n’a pas sa place dans le monde moderne.

Lorsque Vicky et Guadalupe Marengo, d’Amnesty International, ont parlé des histoires déchirantes des « 17 » – 17 femmes qui ont été emprisonnées pour avoir avorté ou fait une fausse couche et commis d’autres « infractions » en relation avec leur grossesse – l’impact insidieux de l’interdiction nous est apparu encore plus clairement.

Beaucoup de ces cas sont inclus dans le rapport d’Amnesty intitulé Salvador. À deux doigts de la mort. La violence contre les femmes et l’interdiction de l’avortement au Salvador.

Peine de 40 ans d’emprisonnement pour une fausse couche

Prenez María Teresa Rivera. Elle ignorait qu’elle était enceinte lorsqu’on l’a retrouvée un matin de novembre 2011 sur le sol de la salle de bains, prise de saignements. Elle avait fait une fausse couche. Mais lorsqu’elle est allée à l’hôpital, le personnel, la soupçonnant d’avoir déclenché un avortement, l’a dénoncée à la police. Malgré l’absence d’éléments à charge crédibles, María Teresa a été inculpée d’homicide avec circonstances aggravantes et condamnée à 40 ans de prison.

Elle y est encore. Des délégué(e)s d’Amnesty lui ont rendu visite dans la seule prison pour femmes du Salvador, en septembre avant le lancement du rapport de l’organisation. Le lancement a eu lieu en parallèle d’événements organisés avec des militants locaux, notamment Agrupación – l’ONG qui se mobilise en faveur d’une grâce pour ces 17 femmes.

Le point commun entre María Teresa et ces 16 autres femmes est leur pauvreté. Les femmes qui sont dénoncées, jugées et emprisonnées sont de condition modeste. Comme Almá, qui vient du Salvador, l’a dit : « Payer pour un avortement, ça coûte un salaire entier. Ou alors il faut vendre quelque chose pour en avoir les moyens.  » S’exprimant sur un système de justice qui a permis de déclarer ces femmes coupables sur la base d’« éléments de preuve » peu convaincants, elle a ajouté : « Les professions juridiques [...] réagissent en fonction de leurs intérêts sur le plan politique. »

Le pouvoir du peuple

Mais comme Marge Berer, rédactrice en chef de Reproductive Health Matters l’a expliqué, il y a de l’espoir tant que suffisamment de personnes agissent. Elle a cité la décision récente de l’Espagne d’annuler un projet de loi devant les protestations populaires hostiles à ce dernier.

C’est donc motivé(e)s par cette perspective que nous nous sommes éparpillé(e)s dans les couloirs, nous arrêtant pour faire signer des pétitions et pour poser pour des photos en tenant des fleurs en l’air, notre message de solidarité et d’espoir pour ces 17 femmes.

C’était le pouvoir du peuple en action, avec pour but ultime de convaincre les autorités salvadoriennes de mettre fin à ce fléau une bonne fois pour toutes. Signez notre pétition dès aujourd’hui.

Cet événement s’est inscrit dans le Festival of choice, et a été organisé en partenariat avec le CAWN et Reproductive Health Matters. Notre travail sur le Salvador est le dernier projet en date entrepris dans le cadre de Mon corps, mes droits, la campagne mondiale d’Amnesty en faveur des droits sexuels et reproductifs.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse