Communiqué de presse

Trois défenseurs des droits humains sont les candidats nominés pour le Prix Martin Ennals 2014

Cette récompense est octroyée à des défenseurs des droits humains profondément engagés et confrontés à des risques sérieux. Le ou les lauréats sont choisis par la communauté internationale des droits humains (voir la composition du jury ci-après). Le but de ce prix est de mettre leur travail en avant et de les protéger en accroissant leur visibilité.

Cao Shunli (Chine) : Sa mort en détention a été annoncée le 14 mars. Elle a été soumise à une disparition forcée le 14 septembre, peu après être montée à bord d’un avion afin de se rendre au Conseil des droits de l’homme. Ce n’est qu’au bout de plusieurs mois que les autorités chinoises ont admis qu’elle était incarcérée. Elle est morte en détention après avoir été privée pendant trop longtemps de soins médicaux pour des problèmes de santé connus. Elle militait énergiquement depuis 2008 en faveur de l’accès à l’information, de la liberté d’expression et de la liberté de réunion. Elle a passé plus de deux ans dans le système de « rééducation par le travail » et a été victime d’un harcèlement appuyé en raison de ce combat. Ceci est un exemple tragique des représailles exercées contre les défenseurs des droits humains qui travaillent avec les mécanismes internationaux de protection de ces droits.

«  Cao Shunli était une femme courageuse qui a payé le pris ultime pour avoir défendu les droits humains en Chine. Elle voulait seulement que le gouvernement reconnaisse les droits légitimes des citoyens. Son inébranlable sens de la justice a toujours animé son action et incité de nombreuses personnes en Chine à revendiquer leurs droits », a déclaré Roseann Rife, directrice de la recherche sur l’Asie de l’Est à Amnesty International.

Adilur Rahman Khan (Bangladesh) : Depuis les années 90, il travaille sur de nombreuses questions en relation avec les droits humains, telles que la détention illégale, les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires. Son organisation, Odhikar, est l’une des rares voix indépendantes au Bangladesh. Il fait actuellement l’objet de poursuites pénales pour avoir recueilli des informations sur l’exécution extrajudiciaire de 61 personnes lors de manifestations contre le gouvernement. En août 2013, il a été appréhendé par des policiers qui n’ont pas présenté de mandat d’arrêt. Ceux-ci ont dans un premier temps nié l’avoir placé en détention. Le large écho immédiatement donné à son cas a contribué à lui sauver la vie. Son organisation risque actuellement d’être fermée. Des dons destinés à Odhikar sont bloqués par le cabinet du Premier ministre.

Adilur Khan a déclaré :« [ma nomination à] [...] ce prix prestigieux est une motivation supplémentaire pour moi, mais aussi pour mes collègues qui luttent en faveur de la démocratie et de l’état de droit, afin que la justice sociale devienne une réalité au Bangladesh. En tant que symbole de la reconnaissance des défenseurs des droits humains, il renforcera la visibilité et la protection des familles de victimes de violations des ces droits. »

Alejandra Ancheita (Mexique)  : Fondatrice et directrice exécutive de ProDESC. Depuis plus de 15 ans, elle travaille avec des migrants, des employés et des populations indigènes afin de protéger les droits fonciers et les droits des travailleurs face à des compagnies multinationales des secteurs énergétique et minier. Les litiges ont notamment donné lieu à des agressions violentes contre les personnes qu’elle essaie de défendre. Elle a par ailleurs été l’une des premières à militer pour que les compagnies multinationales soient tenues de rendre des comptes devant la justice mexicaine lorsque les droits de communautés locales ne sont pas pris en compte. Au Mexique, les défenseurs des droits humains sont victimes d’agressions, de menaces, d’accusations et de meurtres qui constituent des pratiques bien établies. Alejandra Ancheita et ProDESC ont fait l’objet d’une surveillance et d’une campagne de diffamation dans les médias nationaux, et des individus sont entrés par effraction dans leurs bureaux.

Alejandra Ancheita a déclaré : « Cette distinction attire l’attention sur les violences de plus en plus graves que subissent les défenseurs des droits humains au Mexique, en particulier les femmes. J’espère qu’elle sera suivie d’une amélioration des conditions et d’un renforcement de la sécurité. »

Le prix Martin Ennals sera remis lors d’une cérémonie qui aura lieu le 7 octobre 2014 à Genève.

Le principal prix décerné par le mouvement de défense des droits humains. Le prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits de l’Homme est le fruit d’une collaboration sans équivalent entre 10 des principales organisations internationales de défense des droits humains ayant pour objectif de protéger les défenseurs de ces droits dans le monde. Le jury est composé des ONG suivantes :
  Amnesty International,
  Human Rights Watch,
  Human Rights First,
  La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme,
  L’Organisation mondiale contre la torture,
  Front Line Defenders,
  La Commission internationale de juristes,
  Diakonie Deutschland,
  Le Service international pour les droits de l’homme,
  Le Système d’information et de documentation sur les droits humains (HURIDOCS).