Tunisie : l’arrestation de Zouheir Yahiaoui, nouvelle attaque contre la liberté d’expression

AI Index : MDE 30/010/2002

A la veille de l’ouverture du procès de Zouheir Yahiaoui, Amnesty
International exprime à nouveau sa vive préoccupation concernant les
violations répétées du principe de liberté d’expression en Tunisie. Zouheir
Yahiaoui, opérateur du site internet TUNeZINE arrêté le 4 juin dernier à
Tunis, comparaît demain devant le Tribunal de Première Instance de Tunis.

"Etant donnée la situation affligeante des droits humains en Tunisie,
nous craignons que Zouheir Yahiaoui soit un nouvel exemple d’emprisonnement
injuste pour le seul exercice pacifique de son droit à la liberté
d’expression", a affirmé l’organisation, rappelant ses vives préoccupations
concernant l’administration de la justice en Tunisie.

Zouheir Yahiaoui, âgé de 34 ans, connu sous le nom de plume de
Ettounsi ("le Tunisien"), est le neveu du juge Mokhtar Yahiaoui, démis de
ses fonctions après avoir adressé une lettre ouverte au Président Ben Ali
en juillet 2001 appelant au respect du principe constitutionnel
d’indépendance de la justice. Le site TUNeZINE, hébergé en France, est un
site d’information en ligne, forum d’échange de sources diverses sur la
situation politique en Tunisie. Ce site avait été un des premiers à
diffuser la lettre ouverte de Mokhtar Yahiaoui.

Selon les informations recueillies par Amnesty International, Zouheir
Yahiaoui exerçait son activité de permanent dans un publinet (cybercafé) de
la périphérie de Tunis lorsque six policiers en civil sont venus l’arrêter
le 4 juin dernier vers 19 heures. Ils ont confisqué du matériel
informatique puis ont fouillé, sans mandat de perquisition, le domicile de
Zouheir Yahiaoui avant de confisquer également du matériel informatique. Ce
n’est que le 11 juin, une semaine après son arrestation, que ses avocats
ont pu lui rendre visite a la prison du "9 avril" à Tunis.

Sans compter les graves atteintes aux principes de liberté
d’association, d’expression et de mouvement qui se confirment en Tunisie,
cette arrestation arbitraire semble être un nouveau développement de la
politique des autorités tunisiennes visant à couper les moyens de
communications de ceux qui dénoncent les graves violations des droits
humains qui se poursuivent depuis près de quinze ans en Tunisie. Les
mesures prises incluent, outre l’arrestation et diverses formes
d’intimidation, le muselage de la presse, la coupure arbitraire des lignes
de téléphone et de fax, le contrôle ou la coupure de l’accès à internet.

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