Tunisie, Six mois de prison pour une publication sur les réseaux sociaux

Facebook Tunisie

Le 14 juillet, le tribunal de première instance de Tunis a condamné la blogueuse tunisienne Emna Chargui, 27 ans, à six mois de prison après l’avoir déclarée coupable d’accusations liées à une publication sur les réseaux sociaux jugée « offensante à l’égard de l’islam ».

« Cette condamnation est un coup dur pour la liberté d’expression en Tunisie. Elle aura un effet paralysant en dissuadant d’autres personnes d’oser exprimer leurs opinions en ligne, a déclaré Amna Guellali, directrice régionale adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International.

« Emna Chargui n’aurait jamais dû être inculpée. En revanche, les autorités tunisiennes devraient ouvrir une enquête sur les menaces de mort et de viol qu’elle a reçues en réponse à sa publication.

« Nous invitons les autorités à annuler sa condamnation et à enquêter sur les menaces dont elle est la cible. »

Emna Chargui est accusée d’« incitation à la haine entre les religions par des moyens hostiles ou la violence », et d’« outrage à des religions autorisées », au titre des articles 52 et 53 du Code tunisien de la presse. Elle est actuellement libre et compte faire appel du verdict.

Complément d’information

Le 2 mai, Emna Chargui, 27 ans, a partagé une photo sur Facebook qui contenait un texte satirique reprenant les codes d’un verset coranique. Ce texte indiquait que le virus du COVID-19 venait de Chine et conseillait aux gens de se laver les mains. Il a déclenché une réaction très vive sur les réseaux sociaux de la part d’internautes qui l’ont trouvé offensant et ont appelé à punir Emna Chargui.

Depuis qu’elle a posté cette photo sur Facebook, elle a reçu des messages d’internautes qui menaçaient de la tuer ou de la violer. Pourtant, les autorités n’ont pris aucune mesure afin de la protéger ou d’enquêter sur ces menaces.

Toutes les infos
Toutes les actions

Protégez les manifestants au Bélarus

Signez la pétition pour la protection des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique au Bélarus