Turquie : les présidents d’Amnesty menottés devant l’ambassade de Turquie

Afin de demander la libération immédiate de Taner Kiliç, le président de la section turque d’Amnesty International, une action symbolique a été menée par l’ensemble du mouvement Amnesty International jeudi 15 juin dans plusieurs pays. En Belgique, l’action a eu lieu devant l’ambassade de Turquie à Bruxelles, où les présidents d’Amnesty Belgique francophone et d’Amnesty Vlandereen se sont faits menotter en soutien à leur homologue turc. D’anciens présidents des deux sections étaient également présents. À cette occasion, près de 15 000 signatures récoltées en Belgique pour la libération de Taner Kiliç ont été remises à l’ambassade.

Taner Kiliç est la dernière victime de la purge orchestrée par le gouvernement turc. Soupçonné d’être impliqué avec le mouvement de Fethullah Gülen, il a été arrêté le 6 juin à l’aube, en compagnie de 22 autres avocats installés à zmir. Le 9 juin, il a été inculpé d’appartenance à l’« organisation terroriste de Fethullah Gülen » et placé en détention provisoire. Amnesty International demande sa libération immédiate et inconditionnelle.

« Taner Kiliç est un défenseur des droits humains respecté, qui a toujours fait son travail de manière exemplaire et indépendante. En l’emprisonnant, les autorités turques montrent une fois de plus leur volonté de faire taire leurs ennemis et détracteurs présumés », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. « Dans le contexte de purges violentes, le pays a pourtant plus que jamais besoin de ceux qui défendent coûte que coûte les droits humains. »

Complément d’information

La détention de Taner Kiliç est un affront à la justice. Le seul élément présenté par les autorités qui lierait Taner Kiliç au mouvement de Fethullah Gülen est que Bylock, application de messagerie mobile sécurisée qui, selon les autorités, était utilisée par les membres de l’« organisation terroriste Fethullahiste », a été découverte sur son téléphone en août 2014.

Aucune preuve n’a été fournie pour étayer cette affirmation, et Taner Kiliç nie avoir jamais téléchargé ou utilisé Bylock, ni même en avoir entendu parler, avant que l’utilisation présumée de cette application ne soit largement relayée dans les médias en lien avec les récentes arrestations et inculpations. Taner Kiliç n’est ni un partisan ni un adepte du mouvement Gülen et a même critiqué le rôle du mouvement en Turquie.

Taner Kiliç a fait partie du bureau exécutif d’Amnesty International Turquie à plusieurs reprises depuis 2002. Il est président du conseil d’administration depuis 2014. Son arrestation a suscité une large condamnation au sein de la communauté internationale, notamment de la part du département d’État américain, de l’Union européenne, du commissaire allemand aux droits de l’homme et du ministre danois des Affaires étrangères, ainsi que d’organisations nationales et internationales de défense des droits humains.

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