Communiqué de presse

Ukraine. Il faut protéger les civils dans les zones disputées comme Debaltseve

Après l’annonce d’un accord de cessez-le-feu ce jeudi 12 février à Minsk, les deux parties au conflit dans l’est de l’Ukraine doivent immédiatement prendre des mesures pour protéger les civils pendant les quelques jours qui précèdent l’entrée en vigueur de ce cessez-le-feu, a déclaré Amnesty International.

Les forces gouvernementales ukrainiennes et les milices séparatistes doivent cesser de mener des attaques aveugles, qui coûtent la vie à des civils, et laisser ceux-ci quitter en toute sécurité les zones disputées comme Debaltseve.

Comme le cessez-le-feu ne sera effectif que dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 février, le nombre de morts et de blessés dans la population civile risque fort d’augmenter pendant la poursuite des hostilités. Les civils pris au piège dans des villes et des villages touchés, par exemple à Debaltseve et ses environs, sont tout particulièrement en danger, car les deux camps tentent de gagner du terrain avant que les combats ne cessent.

« Face à l’intensité des combats qui font rage à Debaltseve et au désir probable des deux camps de les voir redoubler pour gagner du terrain avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, nous craignons pour la sécurité de la population civile », a déclaré Joanne Mariner, conseillère principale sur les situations de crise à Amnesty International, qui vient tout juste de revenir de cette ville ukrainienne.

Des civils, dont on ignore le nombre, sont toujours bloqués à Debaltseve, zone contrôlée par des soldats ukrainiens et actuellement visée par une intense offensive de miliciens pro-russes.

« Lorsque nous nous sommes rendus dans cette ville il y a quelques jours, nous n’avons trouvé que dévastation et souffrance » , a déclaré Joanne Mariner.

« De nombreux civils ont été évacués, mais il restait encore quelques milliers d’habitants, dont des enfants, des retraités et des personnes souffrant d’un handicap. »

Pendant la mission d’établissement des faits menée par Amnesty International ces deux dernières semaines, les délégués ont rencontré à Debaltseve des civils vivant confinés dans des abris souterrains surpeuplés, terrifiés en raison de tirs d’obus et de roquettes quasi ininterrompus. Sans accès à des services de base, notamment à l’eau courante et à l’électricité, les habitants de Debaltseve dépendent presque entièrement de l’aide humanitaire.

Amnesty International a déclaré que les deux parties au conflit dans l’est de l’Ukraine avaient enfreint les lois de la guerre en se livrant à des attaques sans discrimination qui ont fait des victimes dans la population civile. Depuis la recrudescence récente des combats, les violences s’étaient intensifiées et le bilan humain côté civil s’était alourdi.

« De très nombreux civils ont trouvé la mort ces dernières semaines, depuis que les combats ont redoublé, car les deux camps continuent de recourir à des armes frappant sans discrimination qui ne devraient jamais être utilisées pour bombarder des zones densément peuplées », a déclaré Joanne Mariner.

Mardi 10 février, 16 civils ont été tués par des tirs de roquettes visant Kramatorsk, ville sous le contrôle du gouvernement, et au moins cinq autres le lendemain, lors d’un bombardement de la ville de Donetsk, tenue par les séparatistes.

Amnesty International a de nouveau appelé les deux camps à protéger les civils pris dans la tourmente des combats.

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