Un journaliste soudanais risque d’être condamné à une nouvelle peine de prison pour des accusations à motivation politique

Les autorités soudanaises doivent libérer immédiatement un journaliste qui est inculpé de nouvelles charges, bien qu’il ait déjà purgé une peine d’un an d’emprisonnement.

Abuzar Al Amin, rédacteur en chef adjoint du quotidien Rai Al Shaab, a été condamné le 14 juillet 2010 pour atteinte à l’ordre constitutionnel et diffusion de fausses informations, après avoir publié des articles critiquant le gouvernement.

Il a affirmé avoir été torturé lors de sa détention.

Abuzar Al Amin devait être libéré le 3 juillet 2011 ; toutefois, deux semaines avant sa remise en liberté, le Service national de la sûreté et du renseignement (NISS) a porté deux nouvelles accusations à son encontre.

À partir de ces allégations, il a été inculpé de plusieurs infractions au Code pénal de 1991, notamment d’association de malfaiteurs et d’atteinte à l’ordre constitutionnel. Il risque la peine de mort ou la détention à perpétuité s’il vient à être déclaré coupable.

« Abuzar Al Amin est un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé ses opinions. Ces mesures sont une tentative flagrante des autorités de prolonger sa détention, en s’appuyant sur des accusations à caractère manifestement politique, a indiqué Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnesty International.

« Les charges doivent être abandonnées et il doit être libéré sans délai. En outre, les autorités doivent mener une enquête approfondie et impartiale sur les allégations de torture et autres mauvais traitements infligés à Abuzar Al Amin et traduire les responsables présumés en justice. »

Abuzar Al Amin est aujourd’hui accusé d’avoir blessé un agent du NISS lors de sa première arrestation en mai 2010. Un deuxième chef d’inculpation repose sur l’un de ses articles, sans qu’aucune précision n’ait été fournie.

Le 3 juillet, Abuzar Al Amin a été libéré de prison et transféré au bureau du procureur, où il attend d’être jugé.

Abuzar Al Amin et deux de ses collègues ont été arrêtés en mai 2010, en lien avec des articles publiés dans Rai Al Shaab, notamment une analyse des résultats des élections présidentielle et législatives d’avril 2010, ainsi qu’un article selon lequel une usine d’armement iranienne aurait été construite au Soudan.

Le lendemain de l’arrestation d’Abuzar Al Amin, des agents du NISS ont perquisitionné et fermé les bureaux du journal Rai Al Shaab. Depuis, sa publication est suspendue.

En juillet 2010, Abuzar Al Amin a été déclaré coupable et condamné à une peine de cinq ans de prison. En mai 2011, la Cour suprême a réduit sa peine à une année d’incarcération, fixant sa libération au 3 juillet.

Lors de son arrestation en mai 2010, Abuzar Al Amin a été détenu au secret et aurait été torturé et maltraité aux mains des agents du NISS.

Il a porté plainte contre le NISS pour les tortures et autres mauvais traitements qu’il aurait subis, mais n’a pas été autorisé à soumettre son dossier devant les tribunaux.

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