Un militant de premier plan arrêté

L’arrestation du défenseur soudanais des droits humains Mudawi Ibrahim Adam, récompensé pour son action, illustre une nouvelle fois l’intolérance dont fait preuve le gouvernement à l’égard des voix indépendantes, a déclaré Amnesty International lorsque son employeur a confirmé le 8 décembre qu’il avait été appréhendé par des agents de l’État à Khartoum la veille.

Mudawi Ibrahim Adam a été arrêté par des agents du Service national de la sûreté et du renseignement (NISS) à l’université de Khartoum, où il enseigne l’ingénierie. Il a été conduit dans un lieu tenu secret, où il risque d’être victime d’actes de torture et de mauvais traitements.

Il n’a pas été informé des motifs de son arrestation ni de l’éventuel chef d’accusation pesant sur lui.

« L’arrestation arbitraire de Mudawi Ibrahim Adam illustre la volonté du gouvernement de souffler sur les dernières braises de la dissidence dans le pays. Cette répression injustifiée et ce mépris pour les droits humains doivent cesser, a déclaré Michelle Kagari, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands Lacs.

« Les autorités doivent le libérer immédiatement et sans condition, ainsi que tous les détenus arrêtés de manière arbitraire, et prendre des mesures en vue de contrôler les pouvoirs excessifs dont jouit le NISS. »

Mudawi Ibrahim Adam, 58 ans, s’investit avec détermination pour les causes des droits humains à travers le Soudan. En 2005, il s’est vu remettre le Prix pour les défenseur-ses des droits humains en danger par Front Line Defenders, organisation basée à Dublin.

Son arrestation intervient à un moment où au moins 23 leaders et militants de l’opposition se trouvent derrière les barreaux, arrêtés en lien avec une grève de trois jours appelant à rester à la maison pour protester contre la hausse du coût de la vie et la baisse des dépenses publiques. Cette grève s’est déroulée du 27 au 29 novembre.

Ce n’est pas la première fois que Mudawi est arrêté. En décembre 2003, il a été placé en détention pendant huit mois en raison de son travail au Darfour. Il a de nouveau été arrêté en janvier 2005 dans des circonstances similaires et détenu pendant deux mois, avant d’être réarrêté en mai de la même année et détenu pendant huit jours.

En mars 2009, les autorités avaient ordonné la fermeture de son association, l’Organisation pour le développement social du Soudan (SUDO).

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