Un militant refoulé à la frontière

La décision d’interdire à Joshua Wong, un militant étudiant de Hong Kong, d’entrer sur le territoire thaïlandais souligne à quel point le gouvernement est désireux de restreindre le droit à la liberté d’expression, et suscite des inquiétudes quant à la manière dont la Chine use de son influence sur les autorités thaïlandaises, a déclaré Amnesty International mercredi 5 octobre.

« L’arrestation et l’expulsion de Joshua Wong signalent une nouvelle fois que le gouvernement militaire thaïlandais utilise tous les moyens disponibles pour étouffer le débat politique dans le pays », a déclaré Champa Patel, principale conseillère d’Amnesty International pour les recherches sur l’Asie du Sud-Est et le Pacifique.

Joshua Wong est un militant étudiant et le secrétaire général de Demosistō, un parti politique pro-démocratie récemment formé à Hong Kong. Il s’est fait connaître sur la scène internationale en 2014 comme l’une des personnes à l’origine des manifestations pro-démocratie à Hong Kong plus tard désignées sous le nom de « mouvement des parapluies ». Joshua Wong et le « mouvement des parapluies » sont devenus une source d’inspiration pour certains militants étudiants en Thaïlande.

Il a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok, tard dans la nuit du 4 au 5 octobre. Il s’était rendu en Thaïlande pour s’exprimer lors d’un événement public visant à commémorer la répression violente menée en 1976 contre des manifestants étudiants thaïlandais par la police, l’armée et des groupes paramilitaires.

Mercredi 5 octobre, Joshua Wong a été mis à bord d’un avion et renvoyé à Hong Kong. Après son arrivée à Hong Kong, il a indiqué qu’on ne l’avait pas autorisé à contacter sa famille ni un avocat lorsqu’il était incarcéré à Bangkok.

Selon des informations non confirmées, c’est à la demande du gouvernement chinois que les autorités thaïlandaises ont arrêté Joshua Wong et lui ont interdit d’entrer sur le territoire. Le gouvernement thaïlandais n’a cependant pas encore fourni d’explication officielle pour ses agissements. La Thaïlande a précédemment renvoyé de force des militants chinois, des demandeurs et demandeuses d’asile et d’autres personnes vers la Chine, à la suite semble-t-il de pressions des autorités chinoises, ce qui constitue une violation du principe de « non-refoulement ».

« Le gouvernement thaïlandais ne devrait pas laisser la géopolitique l’emporter sur ses obligations en matière de droits humains, et les frontières de la Thaïlande ne doivent pas servir d’outils de répression contre les débats relatifs à la démocratie et à d’autres questions d’intérêt national et mondial  », a déclaré Champa Patel.

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