Un officier supérieur de l’armée colombienne condamné pour des disparitions

ÉFAI-9 juin 2010

À la suite de la condamnation historique, le 9 juin, d’un officier supérieur de l’armée colombienne pour violations des droits humains, Amnesty International appelle les autorités de ce pays à veiller à ce que les victimes de la prise d’otages du Palais de justice de Bogotá, qui avait fait plus de 100 morts, obtiennent justice.

« Avec cette décision inédite, les familles des victimes, qui réclament justice depuis près d’un quart de siècle, commencent à briser le silence qui protège les responsables depuis si longtemps », a déclaré Marcelo Pollack, chargé des recherches sur la Colombie au sein d’Amnesty International.

Luis Alfonso Plazas Vega a été condamné à 30 ans de prison pour la disparition de 11 personnes en novembre 1985, lorsque l’armée a pris d’assaut le Palais de justice de Bogotá, où des membres du Mouvement du 19 avril, un groupe de guérilleros, avait pris en otages les personnes qui se trouvaient à l’intérieur.

« Les autorités colombiennes ont tenté d’enterrer la vérité sur les événements du Palais de justice malgré des preuves accablantes montrant que les forces de sécurité sont responsable de la disparition forcée, de la torture et de l’exécution de certaines des personnes qui se trouvaient à l’intérieur », a déclaré Marcello Pollack.

« Si des progrès ont été réalisés dans plusieurs enquêtes criminelles de premier plan sur des violations des droits humains commises par les forces de sécurité, c’est en majeure partie grâce aux fortes pressions exercées par la communauté internationale », a déclaré Marcelo Pollack.

« La plupart des victimes de violations commises par les forces de sécurité ou les guérilleros au cours du siège du Palais de justice n’ont pas encore obtenu justice. »

En 1997, la Cour constitutionnelle de Colombie a statué que tous les cas de violations des droits humains dans lesquels sont impliqués des membres des forces de sécurité doivent faire l’objet d’une procédure menée par la justice civile.

Malgré cette décision, les tribunaux militaires cherchent encore à être chargés des poursuites dans des affaires de première importance impliquant des membres des forces de sécurité, alors que ces juridictions n’engagent jamais de procédure efficace dans les cas de graves violations des droits humains commises par des responsables de la sécurité.

« L’enquête sur Luis Alfonso Plazas Vega a été retardée à plusieurs reprises en raison des efforts de la justice militaire, qui affirmait que cette affaire relevait de sa compétence », a déclaré Marcelo Pollack.

« Ces tentatives ne servent qu’à alimenter la culture de l’impunité, refusant la justice aux victimes », a affirmé Marcelo Pollack.

Les personnes impliquées dans l’enquête et le procès, notamment la juge chargée de l’affaire et un avocat représentant les victimes, ont à plusieurs reprises reçu des menaces de mort.

Le verdict prononcé aujourd’hui va donner lieu à un appel. Des enquêtes sont actuellement menées sur les généraux à la retraite Ramírez Quintero et Jesús Armando Arias Cabrales ainsi que sur l’ex colonel Edilberto Sánchez Rubian, pour leur responsabilité présumée dans les 11 disparitions du Palais de justice.

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