Une enquête doit être menée sur les violences perpétrées à l’occasion des élections législatives en Égypte

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

30 novembre 2010

Amnesty International a appelé mardi 30 novembre les autorités égyptiennes à enquêter de manière exhaustive sur les homicides, les violences et autres atteintes aux droits humains qui ont entaché le premier tour des élections législatives dimanche 28 novembre.

Au moins huit personnes seraient mortes et de nombreuses autres auraient été blessées dans tout le pays, alors que les Égyptiens se rendaient aux urnes pour élire les membres de l’Assemblée du Peuple, la chambre basse du Parlement. Deux personnes auraient été tuées par les forces de sécurité à Assiout et à Wadi Natroun, dans des circonstances encore floues, mais il semblerait que les agents chargés du maintien de l’ordre aient eu recours à des balles réelles pour disperser la foule.

On pense que les autres homicides sont dus à des affrontements entre partis politiques rivaux.

« Les autorités égyptiennes doivent maintenant diligenter des enquêtes indépendantes sur ces homicides et les allégations de violences qui ont, une fois de plus, jeté une ombre sanglante sur le jour du scrutin, a déclaré Malcolm Smart, directeur d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« Les électeurs égyptiens devraient pouvoir faire confiance aux forces de sécurité pour les protéger, non pour les exposer à des violences. »

Amnesty International est préoccupée par le fait que des électeurs égyptiens ont été victimes de violences et d’actes d’intimidation aux mains des forces de sécurité, comme l’ont montré des images prises avec des téléphones portables et diffusées sur Internet.

Sur d’autres images, il semble qu’on voit des électeurs pris dans des affrontements violents entre des partisans de candidats rivaux, appartenant pour la plupart à l’organisation interdite des Frères musulmans ou au Parti national démocrate (PND), actuellement au pouvoir.

« Les autorités égyptiennes ne peuvent ignorer les images accablantes de violences et d’intimidation qui circulent
, a déclaré Malcolm Smart.

« Elles doivent donner sans équivoque comme instruction aux forces de sécurité de protéger les électeurs et de respecter leurs droits, ainsi que ceux des candidats, sans discrimination, au cours du second tour des élections qui aura lieu le 5 décembre. Il faut éviter de nouvelles violences et atteintes aux droits humains telles que celles de dimanche dernier. »

Les Frères musulmans, le plus grand parti d’opposition organisé face au Parti national démocrate, a affirmé qu’environ 180 de ses membres et partisans avaient été arrêtés de façon arbitraire.

Les forces de sécurité ont empêché des représentants d’organisations égyptiennes de défense des droits humains de véritablement observer le scrutin, en dépit des permis qui leur avaient été délivrés par la Haute Commission électorale, l’organisme officiel chargé de surveiller les élections. Certains observateurs des droits humains auraient été agressés par des membres des forces de sécurité.

Malgré cela, la Haute Commission électorale a déclaré dans la soirée du dimanche 28 novembre que les élections s’étaient déroulées «  dans le calme et l’ordre » à l’exception de quelques cas de violence.

Des organisations égyptiennes de défense des droits humains rassemblent actuellement des informations concernant les violences qui ont eu lieu ce jour-là. Elles ont mis en place une équipe spéciale, accueillie par l’ El Nadim Center for Rehabilitation of Victims of Violence , pour enquêter sur les actes de violence signalés et vérifier s’ils se sont bien produits. Des ONG locales ont également créé la Coalition égyptienne de surveillance des élections et la Coalition indépendante de surveillance des élections, afin d’observer le déroulement du scrutin.

Dimanche 28 novembre, des électeurs ont affirmé que certains bureaux de vote étaient restés fermés pendant plusieurs heures tandis que dans d’autres bureaux, les forces de sécurité renvoyaient les votants. Des journalistes couvrant l’événement pour les sites internet Ahram Online et Al-Dostour, la chaîne télévisée Al Jazeera et le journal el-Youm el Saba’a ont indiqué qu’ils avaient été harcelés, et dans certains cas arrêtés, par les forces de sécurité.

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