Une figure majeure de l’opposition poursuivie pour « incitation à la haine »

Les autorités bahreïnites ont une fois de plus illustré leur volonté opiniâtre de réduire les militants au silence et d’écraser toute manifestation de dissidence en accusant Ebrahim Sharif, figure majeure de l’opposition, d’avoir « incité à la haine envers le régime » dans une série de tweets, a déclaré Amnesty International.

Ebrahim Sharif, ancien secrétaire général d’un parti d’opposition laïc, la Société nationale pour l’action démocratique (Waad), a été convoqué aux fins d’interrogatoire ce matin par l’unité chargée des poursuites relatives aux infractions terroristes. Il a été libéré peu de temps après, mais seulement après avoir été informé qu’il était inculpé d’avoir « incité à la haine envers le régime » dans une série de tweets. L’un de ces tweets reprenait un visuel d’Amnesty International destiné aux réseaux sociaux, qui évoquait 20 personnes emprisonnées en violation de leurs droits fondamentaux depuis le soulèvement de 2011.

« Une fois de plus, Ebrahim Sharif est puni injustement pour avoir simplement exercé son droit à la liberté d’expression. Les charges retenues contre lui sont ridicules et doivent être abandonnées immédiatement », a déclaré Lynn Maalouf, directrice adjointe pour la recherche au bureau régional d’Amnesty International à Beyrouth.

« Les autorités bahreïnites cherchent régulièrement à harceler et à intimider quiconque ose dénoncer les violations des droits humains commises à Bahreïn. Au lieu de perdre leur temps à essayer de faire taire les militants et autres voix critiques pacifiques, les autorités doivent protéger et faire respecter les droits fondamentaux dans le pays. »

Les autres tweets envoyés par Ebrahim Sharif dénoncent l’absence de démocratie réelle à Bahreïn, critiquent le gouvernement tunisien et remettent en question les circonstances de la mort d’un homme tombé par une fenêtre, avoir été pourchassé par la police, selon certaines sources.

Ebrahim Sharif a fait plusieurs séjours en prison en raison de ses opinions depuis 2011. Il a passé plus de quatre ans derrière les barreaux pour avoir participé au soulèvement de 2011, puis a été libéré de manière anticipée à la faveur d’une grâce royale, en juin 2015. Un mois plus tard, il était de nouveau arrêté, après avoir prononcé un discours dans lequel il appelait à des réformes pacifiques. Ce discours lui a valu un an de prison pour « incitation à la haine et au mépris envers le régime ».

Le 13 novembre 2016, le ministère public l’a de nouveau inculpé d’« incitation à la haine et au mépris envers le régime », en raison d’un entretien publié deux jours plus tôt par Associated Press et lié à la visite du prince Charles (Royaume-Uni) dans le pays. Ces charges ont été abandonnées par la suite, le 23 novembre 2016.

« Les persécutions incessantes qui visent Ebrahim Sharif et d’autres militants pacifiques à Bahreïn font partie de la campagne que le gouvernement continue manifestement à mener pour renforcer sa mainmise sur le pays en faisant taire toutes les voix critiques qui s’y élèvent », a déclaré Lynn Maalouf.

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