Une force excessive utilisée contre des manifestants

De nouvelles manifestations en Éthiopie au lendemain de la mort, lors d’un mouvement de foule, de dizaines de manifestants rassemblés pour un festival religieux le 2 octobre, soulignent la nécessité pour le gouvernement éthiopien de mener une enquête exhaustive sur la manière dont l’événement a été géré, a déclaré Amnesty International le 5 octobre 2016.

Des manifestations ont éclaté dans la capitale Addis-Abeba, ainsi que dans les régions Oromia et Amhara, au lendemain du mouvement de foule meurtrier lors d’une importante cérémonie traditionnelle dans la localité de Bishoftu, dimanche 2 octobre. Les manifestants imputent cette tragédie aux forces de sécurité qui ont tiré à balles réelles et ont tiré des grenades lacrymogènes sur la foule rassemblée dans un espace confiné, accusation que nie le gouvernement.

« Nous avons recensé de multiples plaintes concernant le recours à une force excessive, y compris meurtrière, par la police contre des manifestants globalement pacifiques dans la région d’Oromia depuis novembre 2015, a déclaré Michelle Kagari, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands Lacs.

« Les organes chargés du maintien de l’ordre public doivent cesser tout recours illégal à la force contre des manifestants. Parallèlement, le gouvernement est tenu de mener dans les meilleurs délais des investigations approfondies, impartiales, transparentes et efficaces sur les morts survenues lors de manifestations.

« Il doit notamment faire la lumière sur le rôle qu’ont joué les forces gouvernementales à Bishoftu, et sur la manière dont les forces de sécurité éthiopiennes gèrent les rassemblements publics en général.  »

Selon le gouvernement, 52 personnes sont mortes lors du mouvement de panique. D’après les organisateurs du rassemblement, ce chiffre est beaucoup plus élevé. Ils affirment que certains de leurs collègues ont succombé à des blessures par balles infligées par les forces de sécurité.

« Au regard des récits contradictoires, il est essentiel qu’une enquête soit diligentée afin de faire éclater la vérité et d’identifier les agents des forces de l’ordre dont la responsabilité pénale est engagée, et de les juger dans le cadre de procès équitables et publics, a déclaré Michelle Kagari.

«  Par ailleurs, les autorités doivent faire preuve de retenue afin d’éviter toute nouvelle effusion de sang. »

Complément d’information

Les manifestations dans la région d’Oromia ont débuté pour dénoncer le plan directeur de l’État, qui prévoyait d’intégrer des portions de cette région à la capitale Addis-Abeba. Beaucoup d’Oromos craignaient que cela ne génère des déplacements massifs de population.

Ce plan directeur a été abandonné en janvier, mais les manifestations se sont poursuivies.

Pour en savoir plus

La répression d’une manifestation provoque la mort de dizaines de personnes, Nouvelles, 8 août 2016

Ethiopie. L’antiterrorisme n’est pas la répression des minorités., Nouvelles, décembre 2015

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