Une force excessive utilisée contre des manifestants pacifiques

Alors que les tensions grandissent sur le chantier d’un projet contesté de construction d’un oléoduc près de la réserve sioux de Standing Rock, dans le Dakota du Nord, Amnesty International États-Unis a envoyé une délégation d’observateurs des droits humains pour surveiller la réponse des forces de l’ordre aux manifestations organisées par des communautés amérindiennes.

Amnesty International États-Unis a écrit au bureau du shérif du comté de Morton pour faire part de ses inquiétudes quant au niveau de force utilisé contre les manifestants. L’organisation va également demander au ministère de la Justice de mener une enquête sur les pratiques de la police.

Le nombre d’arrestations de manifestants (qui se définissent eux-mêmes comme des protecteurs de l’eau) a augmenté ces dernières semaines et la réponse des forces de l’ordre aux manifestations et à l’installation de camps près du chantier de l’oléoduc, baptisé Dakota Access Pipeline, s’est militarisée. Les populations amérindiennes qui vivent là affirment que l’oléoduc menace leur réserve d’eau et profane des terres sacrées. Durant la dernière semaine d’octobre, des personnes ont été arrêtées dans un camp qui avait été installé récemment près du chantier, sur des terres privées reconnues au niveau fédéral.

Une délégation d’Amnesty International États-Unis s’était rendue en août dans la zone concernée pour observer la situation. Depuis, l’organisation est restée en contact tant avec les populations amérindiennes qu’avec les responsables du maintien de l’ordre. Des lettres avaient auparavant été envoyées au service de police chargé des autoroutes du Dakota du Nord et au bureau du shérif du comté de Mortonpour demander aux agents des forces de l’ordre de respecter les normes internationales relatives aux droits humains dans le cadre du maintien de l’ordre lors des manifestations.

« Nos observateurs sont là pour veiller à ce que les droits humains de tous soient protégés », a déclaré Eric Ferrero, directeur de la communication d’Amnesty International États-Unis.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par ce que nous avons appris lors de notre dernière visite à Standing Rock et par les informations que nous avons reçues depuis.  »

Dans certains cas, la police a utilisé du gaz poivre et des munitions de type bean-bags (des sachets de plombs), et des agents de sécurité privés ont, à une occasion, eu recours à des chiens de garde. Les personnes arrêtées récemment ont indiqué avoir été soumises à une fouille corporelle et forcées à payer une caution pour des infractions mineures. Des professionnels des médias et des observateurs ont également été arrêtés ou inculpés d’infractions mineures.

« Les gens ici veulent simplement se mobiliser pour les droits des populations amérindiennes et protéger leurs ressources naturelles. Ils ne devraient pas être traités comme des ennemis », a déclaré Eric Ferrero. « La police doit maintenir la paix au moyen d’une force minimale adaptée à la situation. »

« S’opposer à des hommes, des femmes et des enfants alors que l’on est équipé comme pour se rendre sur un champ de bataille représente une réponse disproportionnée. »

Au titre du droit international et des normes internationales, les arrestations ne doivent pas être utilisées à des fins d’intimidation ou pour empêcher la participation à des rassemblements pacifiques. Lorsque des personnes sont arrêtées, elles ne doivent pas être immobilisées pendant des périodes prolongées et elles doivent être traitées avec humanité. Les fouilles invasives ne doivent être menées que si elles sont nécessaires, et pas d’une manière qui pourrait s’apparenter à un traitement cruel ou humiliant. Les autorités sont invitées à élaborer et à utiliser d’autres mesures plus adaptées que les fouilles invasives.

Amnesty International observe depuis longtemps les manifestations et les comportements policiers afin de vérifier que les normes internationales en matière de droits humains sont respectées. Outre le Dakota du Nord, Amnesty International États-Unis a envoyé des délégations à Ferguson (Missouri) et Baltimore (Maryland) pour suivre les manifestations organisées à la suite d’homicides commis par la police, ainsi qu’à Cleveland et Philadelphie pour observer les manifestations en marge des conventions républicaine et démocrate qui se sont tenues cette année.

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