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Une nouvelle application « Bouton d’urgence » au secours des militants des droits humains

Les personnes qui militent pour les droits humains dans certains des pays les plus répressifs du monde auront accès à un réseau d’aide amélioré en cas de risque d’agression, grâce à une application astucieuse et facile à utiliser lancée le 1er mai 2014 par Amnesty International.

Le « Bouton d’urgence » est une application pour téléphone portable Android qui transforme le smartphone en un système secret d’alarme. En cas d’urgence, l’utilisateur peut déclencher l’alarme et alerter ainsi d’autres militants, qui pourront alors intervenir rapidement.

« Dans beaucoup de régions du monde la défense des droits humains peut être une activité très dangereuse et les militants risquent d’être menacés, emprisonnés et même torturés pour leur action, pourtant légitime », a déclaré Tanya O’Carroll, responsable du programme Technologie et droits humains d’Amnesty International.

« Avec le “Bouton d’urgence”, la technologie se met au service des droits humains : ce nouvel outil permet aux militants d’informer les autres, en un seul geste, qu’ils sont en danger. »

Un militant des Philippines, qui a testé l’application, raconte : « J’espère que je n’aurai pas besoin de m’en servir, mais la menace est tellement réelle qu’un outil comme le “Bouton d’urgence” pourra être d’un grand secours en cas de danger. »

Une protection contre les violences
Dans plusieurs pays à travers le monde, des personnes soupçonnées de représenter une menace pour l’autorité de l’État sont régulièrement enlevées ou arrêtées, ou sont victimes de disparition forcée, souvent sans aucun avertissement.

Grâce au « Bouton d’urgence », des milliers de militants qui risquent chaque jour d’être persécutés et arrêtés disposeront d’un nouvel outil dans leur lutte pour la justice.

Vous pouvez d’ores et déjà vous rendre sur le site internet de l’application « Bouton d’urgence ».

Amnesty International espère que les militants et citoyens ordinaires, en tant que bêta testeurs, contribueront à améliorer cet outil en téléchargeant et en testant l’application dans leur pays dans le cadre des tests de validation.

Réduire les risques
Les autorités savent que les militants organisent leurs réunions, manifestations et autres actions à l’aide de leurs téléphones portables, et elles ont accru leurs moyens de surveillance afin de pouvoir suivre et repérer les activistes, les journalistes et les autres militants.

Afin de réduire certains de ces dangers, le « Bouton d’urgence » utilise un écran de camouflage et l’utilisateur doit taper un code PIN pour accéder à l’application.

Pour déclencher l’alarme il suffit d’appuyer rapidement sur la touche d’allumage du téléphone ; un message d’alerte est alors envoyé directement par SMS à trois contacts préalablement choisis par l’utilisateur et pré-enregistrés.

Si une fonction GPS est activée, le message envoyé contient un lien vers une carte qui permet de localiser l’utilisateur. Celui-ci peut prévoir que le réseau soit régulièrement mis à jour, toutes les deux ou trois minutes par exemple.

« Nous travaillons actuellement avec des militants dans 16 pays sur l’utilisation de l’outil et sur la menace croissante et omniprésente des systèmes de surveillance. Les utilisateurs doivent être conscients des risques qu’ils prennent lorsqu’ils se servent de leur téléphone portable pour leurs actions », a déclaré Tanya O’Carroll.

Lancement du « Bouton d’urgence » dans le monde
Après avoir reçu l’an dernier le prix Google Global Impact, d’un montant de 100 000 livres sterling, Amnesty International a commencé à tester l’application avec des défenseurs des droits humains dans trois régions du monde.

Sur une période de six mois, des centaines de militants aux Philippines, en Amérique centrale et en Afrique de l’Est testent le « Bouton d’urgence » et sont formés à son utilisation. Ils reçoivent aussi une formation pour pouvoir apprendre à d’autres à l’utiliser, afin qu’il couvre un espace aussi vaste que possible et soit mis à la disposition de ceux qui en ont le plus besoin.

Après les premiers tests qui ont eu lieu en mars de cette année aux Philippines et en Amérique centrale, les militants ont souligné l’importance du dispositif pour leur action et insisté sur l’aide qu’il pourrait apporter à beaucoup d’autres personnes de leurs pays.

« Le “Bouton d’urgence” est un outil essentiel d’alerte, mais il permet aussi de concevoir un plan d’urgence stratégique et coordonné et de l’articuler autour des contacts ... L’atelier nous a forcés à nous asseoir et à réfléchir aux actions à entreprendre et à la manière de garantir une plus grande sécurité aux défenseurs des droits humains », a déclaré un militant mexicain des droits humains.

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Suivez la progression des tests régionaux du Bouton d’urgence (en anglais) en cliquant ici.

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