UNION AFRICAINE : Une nouvelle chance pour la promotion et la protection des droits des citoyens

Index AI : IOR 10/xxx/02

« Au moment où l’Union africaine (UA) va remplacer l’Organisation de l’unité africaine (OUA) début juillet, il est essentiel que les dirigeants africains reconnaissent l’importance fondamentale des droits humains et la nécessité de les inclure dans tous les travaux de cette organisation régionale », a déclaré Amnesty International aujourd’hui (vendredi 28 juin) à Pretoria, en Afrique du Sud, au début des réunions préparatoires au lancement de l’Union africaine.

« Malgré l’adoption de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples en 1981 et son entrée en vigueur en 1986, les droits fondamentaux, et notamment les droits économiques, sociaux et culturels, demeurent une illusion pour la grande majorité des Africains », a ajouté Amnesty International.

Dans son rapport intitulé Union africaine. Une nouvelle chance pour la promotion et la protection des droits humains en Afrique, Amnesty International examine l’Acte constitutif de l’UA et les organes – notamment politiques – créés par ce dernier, sous l’angle de leur potentiel de renforcement de la promotion et de la protection des droits humains sur le continent africain.

L’Acte constitutif exprime la détermination des États membres à promouvoir et à protéger les droits humains et ceux des peuples, à consolider les institutions et la culture démocratiques, ainsi qu’à garantir la bonne gouvernance et l’État de droit.

Les gouvernements africains doivent maintenant relever ce défi : montrer que l’UA permettra de faire la différence pour concrétiser les droits des êtres humains et des peuples en Afrique et qu’elle ne se résumera pas à un simple changement de nom par rapport à l’OUA. « Les dirigeants africains doivent assumer la pleine responsabilité de promouvoir et de faire respecter les droits humains sur le continent », a souligné Amnesty International.

Les autres recommandations formulées par Amnesty International sont notamment les suivantes :
la Conférence de l’Union devrait s’assurer que les droits humains sont dûment pris en compte par tous les organes de l’UA ;
elle devrait traiter les droits humains comme une partie intégrante des initiatives de résolution des conflits ;
elle devrait exhorter tous les gouvernements africains à ratifier le Protocole à la Charte africaine instaurant une Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, et à déclarer qu’ils autorisent l’accès à cette Cour aux particuliers et aux ONG ;
elle devrait appeler tous les gouvernements africains à mettre en œuvre la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi qu’à ratifier et à appliquer les autres instruments pertinents relatifs aux droits humains.

« Les principes fondamentaux énoncés dans l’Acte constitutif doivent être traduits dans les faits par le biais d’actions concrètes. Ce n’est qu’en plaçant les droits humains au cœur de ses travaux que l’UA pourra véritablement réaffirmer son engagement en faveur des principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme », a conclu Amnesty International.

Complément d’information
L’Acte constitutif de l’Union africaine a été adopté par l’OUA le 11 juillet 2000 à Lomé (Togo) et il est entré en vigueur le 26 mai 2001, après que le Nigéria fut devenu le 36e État membre de l’OUA à avoir déposé son instrument de ratification. L’Acte constitutif devait avoir été ratifié par les deux tiers des États membres de l’OUA pour que l’Union africaine acquière une existence légale. À l’issue du prochain sommet qui réunira les chefs d’État et de gouvernement à Durban, en Afrique du Sud, l’Union africaine remplacera formellement l’OUA, qui avait vu le jour en 1963.

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