Communiqué de presse

Union européenne. L’accord sur la relocalisation de demandeurs d’asile serait une mesure dérisoire face à un système totalement défaillant

Des personnes souffrent et meurent à nos frontières, arrêtons ça !

Tout accord visant à relocaliser quelque 40 000 demandeurs d’asile dans toute l’Union européenne (UE) serait une mesure dérisoire face à un système totalement défaillant, a déclaré Amnesty International avant la réunion informelle des ministres européens de la Justice et de l’Intérieur organisée à Bruxelles le 20 juillet dans l’après-midi.

Cette réunion fait suite à un accord conclu en juin à l’échelle de l’UE, qui vise à ce que les autres États membres prennent part de manière plus équitable au traitement des demandes d’asile présentées en Grèce et en Italie, où arrive la grande majorité des personnes concernées.

« Nous sommes ravis de constater que les dirigeants de l’UE s’acheminent enfin vers un accord déterminant les modalités de relocalisation des dizaines de milliers de demandeurs d’asile qui ont atteint les côtes européennes. Néanmoins, tout accord doit s’inscrire dans une vision plus large, qui consiste à remédier aux défaillances du système qui est à l’origine de cette situation », a déclaré Gauri van Gulik, directeur adjoint d’Amnesty International pour l’Europe et l’Asie centrale.

« L’UE doit immédiatement mettre en place des voies d’accès légales et plus sûres pour les personnes ayant besoin d’une protection, alléger les restrictions qui pèsent sur la liberté de mouvement des demandeurs d’asile ayant obtenu gain de cause et accroître de manière significative l’aide financière et opérationnelle aux États membres situés en première ligne.  »

Par ailleurs, il est aussi prévu que les ministres européens débattent de l’établissement d’une éventuelle liste de pays d’origine « sûrs », dont les ressortissants ne pourraient demander l’asile que sous certaines conditions.

« Le concept de sûreté du pays d’origine est à la fois absurde et dangereux. Les demandes d’asile doivent être examinées au cas par cas, et l’existence d’une liste de pays soi-disant sûrs pourrait priver de protection des groupes entiers et conduire à les renvoyer dans des endroits où ils seraient en danger. Une telle discrimination constituerait non seulement une menace pour la vie et la sécurité des intéressés mais irait aussi à l’encontre du droit international », a déclaré Gauri van Gulik.

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