UNION EUROPÉENNE : L’Union européenne doit se doter d’un nouvel ordre du jour en matière de droits humains. Amnesty International propose quelques jalons à la veille de la présidence italienne

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’Association d’Amnesty International pour l’Union
européenne

À l’occasion du lancement simultané, à Bruxelles et à Rome, d’un document
intitulé Wanted - a new EU agenda for human rights : Amnesty International
six-monthly assessment of EU human rights policy and benchmarks for the
Italian Presidency [L’Union européenne doit se doter d’un nouvel ordre du
jour en matière de droits humains : étude semestrielle d’Amnesty
International sur la politique de l’UE en matière de droits humains et
jalons pour la présidence italienne] (disponible à la rubrique Documents du
site dont l’adresse figure en fin de communiqué), Amnesty International a
déclaré aujourd’hui que l’Union européenne (UE) n’accordait pas assez
d’importance aux droits humains, que ce soit à l’intérieur de ses frontières
ou à l’étranger, et a appelé le gouvernement italien à user de son autorité
pour qu’elle se dote d’un nouvel ordre du jour en la matière.

Alors que l’Italie s’apprête à prendre la présidence de l’UE, Amnesty
International a formulé 10 recommandations relatives aux droits humains.
Pour l’organisation, le bilan de la présidence italienne sera jugé à l’aune
des résultats obtenus sur chacun de ces points.

« Amnesty International estime que l’Union européenne est en train de perdre
pied, au niveau mondial, en matière de politique relative aux droits
humains, tandis que l’heure semble être à l’opportunisme parmi ses membres,
notamment en ce qui concerne le droit d’asile et l’immigration », a déclaré
aujourd’hui Dick Oosting, directeur de l’Association d’Amnesty International
pour l’Union européenne.

« Alors que les dirigeants de l’Union européenne se trouvent actuellement à
Washington pour une rencontre au sommet avec les États-Unis, Amnesty
International appelle l’Union à faire preuve de davantage de courage et de
détermination face aux défis auxquels elle est confrontée dans le domaine
des droits humains, que ce soit à l’intérieur de ses frontières ou dans le
reste du monde. »

Principales observations formulées dans le document de 16 pages publié par
Amnesty International

L’Union européenne est en train de perdre pied, sur la scène mondiale, en ce
qui concerne les questions relatives aux droits humains

La sécurité opposée aux droits humains : l’UE n’a pas été pour l’instant
capable, en admettant qu’elle en ait eu la volonté, de répondre aux
problèmes d’insécurité et de formuler une réponse cohérente à opposer à ceux
qui violent les droits fondamentaux sous prétexte de « lutte contre le
terrorisme ».

Un impact insuffisant : l’UE est presque muette ou se montre désespérément
impuissante face à un certain nombre de crises des droits humains, parmi les
pires que connaissent actuellement la planète. Amnesty International
souligne dans son étude que les droits humains constituent un élément vital,
régulièrement absent des solutions proposées pour résoudre les conflits.
Elle rappelle les mesures que l’UE devrait prendre concernant l’Afghanistan,
la Bosnie-Herzégovine, la Colombie, la République démocratique du Congo,
l’Irak et Israël et Territoires occupés.

Apathie aux Nations unies : Lors de la dernière session de la Commission des
droits de l’homme des Nations unies, l’UE a surtout insisté sur la
limitation des préjudices. La Commission des droits de l’homme a
pitoyablement échoué dans sa mission, qui est de faire respecter les droits
humains en dénonçant publiquement les situations caractérisées par des
atteintes graves.

Faiblesse face aux pressions des États-Unis : la communauté internationale,
et notamment l’UE, ne semble guère en mesure de résister aux pressions
incessantes exercées par les États-Unis pour affaiblir la Cour pénale
internationale, et est prête à faire des compromis sur les normes les plus
évidentes du droit international.

« En matière de politique extérieure, l’UE est très active à petite échelle,
par le dialogue politique, la coopération et l’assistance, mais elle est
pratiquement inexistante à l’échelon supérieur et le tableau général reste
terriblement déprimant », a indiqué Dick Oosting.

Le reniement des droits humains au niveau intérieur

Une politique d’asile inspirée avant tout par la volonté de limiter les
arrivées : la logique à court terme et égocentrique de l’UE en matière
d’asile ne se soucie pas du respect des droits humains.

Atteintes aux droits humains en Europe : dans son dernier Rapport annuel,
Amnesty International recense des atteintes aux droits humains dans 13 des
15 États membres de l’Union, dont l’Italie. L’UE garde pourtant le silence
concernant les problèmes relatifs aux droits humains qu’elle connaît.

« La proposition visant à incorporer la Charte des droits fondamentaux dans
le nouveau traité constitutionnel a beau être présentée comme l’un des
résultats majeurs de la Convention sur l’avenir de l’Europe, la politique de
l’UE en matière de droits humains restera fondamentalement défectueuse tant
que l’Union fermera les yeux sur les atteintes à ces droits commises à
l’intérieur de ses propres frontières, a souligné Dick Oosting. Si les États
membres ont la responsabilité d’assurer la protection de leurs citoyens, ils
doivent aussi rendre compte de leurs actes au niveau de l’UE. »

Principale recommandation formulée à la veille de la présidence italienne de
l’Union européenne

La présidence italienne doit user de son autorité pour définir un nouvel
ordre du jour de l’UE en matière de droits humains, afin de permettre à
celle-ci :

de faire face aux crises des droits humains les plus profondes que connaisse
la planète,

de garantir la protection des droits fondamentaux dans sa lutte contre le « 
terrorisme » et l’ « immigration clandestine »,

d’élaborer un système dans lequel tous les États membres d’une Union élargie
seront tenus de rendre des comptes en matière de respect des droits humains.

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