Communiqué de presse

Venezuela. Des affrontements meurtriers font apparaître qu’il est urgent de réformer le système carcéral

Le gouvernement vénézuélien ne doit pas se rendre coupable d’atteintes aux droits humains lors des opérations de répression de violentes émeutes dans les prisons, a déclaré Amnesty International mercredi 22 juin après que 19 détenus ont trouvé la mort dans des affrontements opposant des prisonniers armés et des soldats de la Garde nationale.

Les autorités sont tenues de maintenir l’ordre dans leurs établissements pénitentiaires et de veiller à ce que les prisonniers ne soient pas mis en danger.

Dans la prison d’El Rodeo II, située à Guatire, à 40 kilomètres de la capitale Caracas, des groupes de détenus armés tiennent tête aux forces de sécurité depuis plusieurs jours. Le 17 juin, des membres de la Garde nationale se sont rendus dans la prison pour désarmer des prisonniers à la suite de heurts qui ont éclaté le 12 juin entre des bandes rivales, dans la prison voisine d’El Rodeo I.

« Une nouvelle explosion de violence dans une prison vénézuélienne met en évidence les conditions carcérales déplorables qui perdurent dans le pays depuis maintes années et le manque de détermination dont font preuve les autorités pour régler efficacement le problème », a indiqué Guadalupe Marengo, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International.

« Le gouvernement vénézuélien doit ouvrir sans délai une enquête indépendante pour savoir pourquoi les choses ont mal tourné à El Rodeo, pour établir qui est responsable de la circulation d’un nombre important d’armes dans la prison et pour faire en sorte que ce type d’événements ne se reproduise plus », a-t-elle ajouté.

La Garde nationale a repris la situation en main dans la prison d’El Rodeo I le 17 juin, lors d’une opération à laquelle ont pris part 4 000 hommes, mais elle n’a pas totalement rétabli l’ordre dans la prison d’El Rodeo II.

Bien qu’une liste de détenus transférés dans d’autres établissements pénitentiaires ait été récemment diffusée, on ignore le sort qui a été réservé à certaines personnes incarcérées à El Rodeo.

Amnesty International engage le Venezuela à entreprendre de toute urgence une réforme de son système carcéral pour résoudre la crise que connaît le pays dans ce domaine, crise marquée par des conditions de détention lamentables pour de nombreux prisonniers et par un grand nombre de décès survenus en prison.

Même si les autorités vénézuéliennes reconnaissent la gravité de la situation dans les prisons, elles n’ont jamais pris les mesures dont le pays a besoin en urgence pour améliorer les conditions de vie exécrables dans les établissements pénitentiaires.

La surpopulation chronique, les retards excessifs dans l’administration de la justice, les difficultés d’accès à des soins médicaux adéquats et l’absence de système indépendant d’inspection des prisons sont autant d’obstacles qui doivent être surmontés.

Amnesty International exhorte le Venezuela à prendre des mesures rigoureuses contre la corruption endémique responsable de violations des droits humains dans les établissements pénitentiaires, et à offrir aux gardiens de prison les ressources et la formation dont ils ont besoin pour mener à bien leur travail.

« Au Venezuela, les détenus sont souvent incarcérés dans des conditions cruelles, inhumaines et dégradantes, et la violence est endémique », a déclaré Guadalupe Marengo.

« Le ministère des Prisons, récemment créé, et la commission présidentielle pour le contrôle des armes, des munitions et le désarmement doivent mettre en œuvre les réformes qui s’imposent pour empêcher que des événements similaires ne se produisent à l’avenir », a-t-elle ajouté.

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