Communiqué de presse

Venezuela. Inquiétudes quant à de graves atteintes aux droits humains à la frontière colombienne

Amnesty International est vivement préoccupée par les informations faisant état de violations des droits humains le long de la frontière entre le Venezuela et la Colombie, dans le cadre de l’opération de sécurisation et de lutte contre le trafic d’êtres humains menée par les autorités vénézuéliennes.

Le 21 août, l’état d’urgence a été décrété dans six municipalités de l’État de Táchira, en vue de combattre les paramilitaires, le trafic de stupéfiants et la traite d’êtres humains dans les régions frontalières. Deux jours plus tôt, le 19 août, des affrontements avaient éclaté entre les forces de sécurité et des trafiquants présumés, au cours desquels trois membres des forces armées et un civil ont été blessés.

Selon la presse, le gouverneur de l’État de Táchira a affirmé qu’au moins 1 000 personnes avaient été expulsées vers la Colombie entre le 21 et le 25 août.

D’après des informations reçues par Amnesty International, ces personnes ont été arrêtées durant les opérations militaires et expulsées vers la Colombie, sans aucune possibilité de contester leur expulsion ni de rassembler leurs affaires. Des informations font état de mauvais traitements en détention, d’expulsions forcées et de destruction de maisons où vivaient des Colombiens, ou des personnes considérées comme étant des Colombiens, sans aucune volonté de respecter les garanties relatives aux droits humains.

Particulièrement inquiétantes, des informations laissent entendre que des familles ont été séparées et que des enfants sont restés seuls au Venezuela, séparés de leurs parents qui ont été expulsés vers la Colombie.

Amnesty International reconnaît que l’État a le devoir de maintenir la sécurité et l’ordre, notamment dans les zones frontalières, et qu’il peut, dans des circonstances extraordinaires prévues par la loi, instaurer l’état d’urgence pendant une période limitée – sans que cela n’entraîne des violations des droits humains.

Toutes les procédures d’expulsion et de reconduite à la frontière doivent respecter les garanties définies par le droit national et les normes internationales relatives aux droits humains. Les autorités vénézuéliennes doivent veiller à ce que le cas de chaque personne menacée d’expulsion soit examiné individuellement dans le cadre d’une procédure équitable et transparente qui permette de contester et de réexaminer la décision d’expulsion.

En outre, il faut prendre des mesures pour que les arrestations et les expulsions menées par les agents de l’immigration et les militaires se déroulent dans le respect des droits humains et de la légalité, et pour que toutes les plaintes concernant des atteintes aux droits humains fassent l’objet dans les plus brefs délais d’une enquête indépendante et impartiale.

Il est impératif que la suspension des garanties constitutionnelles durant l’état d’urgence ne se traduise pas par des violations des droits humains.

Aux termes de ses obligations internationales relatives aux droits humains, le Venezuela est tenu de protéger les droits à la vie, à l’intégrité physique, à une procédure régulière et à la protection de la loi, en toutes circonstances, y compris sous l’état d’urgence. Les dispositions de l’état d’urgence ne doivent pas se traduire par une discrimination fondée sur la race, la couleur de peau, le sexe, l’origine ethnique, la langue, la religion ou l’origine sociale. Enfin, elles doivent être proportionnées au contexte, à la gravité, à l’ampleur et à la nature de l’urgence.

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