Ventes d’armes à l’Arabie saoudite : et si la Belgique respectait ses propres règles ?

Suite à la déclaration du Ministre-Président Paul Magnette relative aux ventes d’armes à l’Arabie saoudite et à l’embargo européen demandé par les eurodéputés, la section belge francophone d’Amnesty International regrette que des armes légères de fabrication belge soient toujours vendues à un pays où la répression interne fait de nombreuses victimes et où les violations des droits humains sont nombreuses. En ce sens, les ventes d’armes par la Région wallonne sont en totale contradiction avec les règles définies par le décret wallon relatif à l’exportation d’armes.

Si on doit se réjouir de l’assentiment du gouvernement wallon de se soumettre à la volonté européenne de lancer une initiative visant à imposer un embargo sur les armes de l’UE contre l’Arabie saoudite, il serait plus que souhaitable que le Ministre-Président se soumette aux obligations du décret wallon lui-même, tout simplement”, a déclaré Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Le décret wallon en effet est très clair dans son deuxième critère : “(...) Après avoir évalué l’attitude du pays destinataire à l’égard des principes énoncés en la matière dans les instruments internationaux concernant les droits de l’homme, le Gouvernement :

a) refuse la licence d’exportation s’il existe un risque manifeste que la technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée servent à la répression interne (…) La répression interne comprend, entre autres, la torture et autres traitements ou châtiments cruels, inhumains et dégradants, les exécutions sommaires ou arbitraires, les disparitions, les détentions arbitraires et les autres violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales (…).

b) fait preuve, dans chaque cas et en tenant compte de la nature de la technologie ou des équipements militaires en question, d’une prudence toute particulière en ce qui concerne la délivrance de licences aux pays où de graves violations des droits de l’homme ont été constatées par les organismes compétents des Nations unies, par l’Union européenne ou par le Conseil de l’Europe.”

Ce sont précisément ces aspects qui préoccupent l’organisation dans le cas de l’Arabie saoudite, qui à elle seule rassemble tous les critères définis dans le décret. Amnesty International a en effet dénoncé à plusieurs repris l’interdiction des syndicats et de tout rassemblement depuis 2011, la répression des manifestations ainsi que les tortures et les mauvais traitements (y compris arrachage des yeux), les exécutions arbitraires, le refus d’à peu près tous les droits aux femmes, les crimes de guerre commis au Yemen à l’aide de bombes à sous-munitions (interdites par le droit international).

Une partie des armes que nous fournissons au pouvoir saoudien sont destinées apparemment à la police et aux forces de sécurité, celles-là même qui répriment toute expression divergente et encadrent les décapitations et crucifixions sur les places publiques”, ajoute Philippe Hensmans. Il est regrettable qu’une pression européenne soit nécessaire pour que le gouvernement wallon envisage enfin de suspendre la vente d’armes à un pays où la situation des droits humains est en totale contradiction avec les conditions définies dans son décret.”

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