Communiqué de presse

Viêt-Nam. Il est temps que tous les prisonniers d’opinion soient libérés

Amnesty International se félicite de la libération, samedi 19 septembre, de la blogueuse et prisonnière d’opinion Ta Phong Tan, qui a passé quatre années en prison à la suite de sa condamnation à une peine de 10 ans d’emprisonnement. Ta Phong Tan se trouve actuellement aux États-Unis, où elle a été envoyée par avion immédiatement après sa sortie de la prison n° 5 située dans la province de Thanh Hoa. Le Viêt-Nam doit maintenant libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers d’opinion et cesser de persécuter les militants pacifiques, les journalistes et les défenseurs des droits humains.

La remise en liberté de Ta Phong Tan a manifestement été tributaire de son transfert aux États-Unis, où elle se trouve à présent effectivement en exil. C’est également ce qui est arrivé à Nguyen Van Hai, plus connu sous son nom de blogueur Dieu Cay (« la pipe à eau du paysan »). Il a lui aussi été libéré avant le terme de sa peine de 12 années d’emprisonnement et été immédiatement après envoyé par avion aux États-Unis, en octobre 2014.

Le fait d’emprisonner injustement des personnes et de les envoyer ensuite en exil dans un autre pays est incompatible avec un réel engagement à respecter les droits humains. Comme il est indiqué dans la lettre adressée le 28 août 2015 par le secrétaire général d’Amnesty International, Salil Shetty, au président du Viêt-Nam, le gouvernement doit veiller à ce que les militants pacifiques, les défenseurs des droits humains, les journalistes et les autres personnes puissent mener leurs activités légitimes sans avoir à craindre des représailles, des manœuvres de harcèlement ou d’intimidation, une arrestation, des poursuites judiciaires et l’emprisonnement. Voir la lettre appelant à la libération de tous les prisonniers d’opinion au Viêt-Nam : http://www.amnesty.be/doc/IMG/pdf/asa4122962015english.pdf,

C’est seulement quand cela se sera réalisé que le Viêt-Nam respectera ses obligations au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et des autres normes et dispositions du droit international relatifs aux droits humains, notamment la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme.

Complément d’information

Ta Phong Tan a été arrêtée en septembre 2011 uniquement parce qu’elle avait exercé, pacifiquement, son droit à la liberté d’expression. Cette ancienne policière a été condamnée en septembre 2012 à 10 ans d’emprisonnement, et à cinq ans d’assignation à domicile après sa libération. Elle avait été déclarée coupable de « propagande » contre l’État en vertu de l’article 88 du Code pénal vietnamien. Ta Phong Tan est cofondatrice avec Nguyen Van Hai du Club des journalistes libres du Viêt-Nam, organisation indépendante créée en septembre 2007 pour encourager la liberté d’expression et les alternatives aux médias contrôlés par l’État.

Ta Phong Tan est connue pour son blog Conglysuthat (« Justice et vérité »), sur lequel elle publiait des articles sur l’injustice sociale, les atteintes aux droits humains et la souveraineté nationale. Pendant sa détention provisoire, sa mère, Dang Thi Kim Liêng, s’est immolée par le feu par désespoir à cause du harcèlement dont sa famille faisait l’objet et du traitement subi par sa fille. Ta Phong Tan n’a pas été autorisée à assister aux funérailles de sa mère. Après son emprisonnement, Ta Phong Tan a mené trois grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention très dures et les mauvais traitements dont était victime en prison. La plus récente de ces grèves de la faim a duré 23 jours ; c’était en mai-juin 2015.

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