Viêt-Nam : Les autorités « utilisent abusivement Facebook » pour étouffer les critiques

En amont de l’audience qui va se tenir demain dans l’affaire mettant en cause Nguyen Ngoc Anh :

« Les fausses accusations dont fait l’objet Nguyen Ngoc Anh montrent que plus personne n’est en sécurité sur Facebook au Viêt-Nam. Il s’agit de la dernière affaire en date concernant une liste croissante de cybercitoyens poursuivis en justice, arrêtés ou incarcérés uniquement parce qu’ils ont pacifiquement discuté des affaires publiques ou critiqué le gouvernement, a déclaré Nicholas Bequelin, directeur régional pour l’Asie de l’Est et du Sud-Est à Amnesty International.

« Les autorités à Hanoï élargissent à présent à Internet les mesures mises en œuvre dans le pays depuis plusieurs décennies pour étouffer les droits civils et politiques, en utilisant Facebook pour intensifier la répression qui vise les voix dissidentes.

« Le tribunal doit abandonner les accusations motivées par des considérations politiques retenues contre lui et le libérer immédiatement et sans condition. »

Complément d’information

Nguyen Ngoc Anh est un ingénieur en aquaculture de la province de Bên Tre. Il participe à des débats politiques sur les réseaux sociaux et il a en particulier utilisé Facebook pour exprimer ses opinions et partager des informations avec d’autres utilisateurs de Facebook.

En juin 2018, l’Assemblée nationale vietnamienne a soumis un projet de loi sur les zones économiques spéciales (ZES) qui vise à autoriser des entités étrangères à détenir des droits d’utilisation de nombreuses terres pour une durée allant jusqu’à 99 ans. Ce texte a soulevé une levée de boucliers dans tout le pays et provoqué des manifestations de masse à l’échelle nationale. Les autorités ont réagi en réprimant les manifestants pacifiques à Ho Chi Minh-Ville et dans d’autres provinces du sud du Viêt-Nam.

Nguyen Ngoc Anh a été arrêté le 30 août 2018 ; il est accusé de « fabrication, stockage, diffusion d’informations, de matériel, d’objets dans le but de s’opposer à l’État de la République socialiste du Vietnam » au titre de l’article 117 du Code pénal de 2015. Il encourt jusqu’à 20 ans d’emprisonnement s’il est déclaré coupable.

Toutes les infos
Toutes les actions

Ahmed H. doit être autorisé à rentrer chez lui

Ahmed H., incarcéré à tort pour « complicité d’acte terroriste », n’a plus vu sa femme et ses filles depuis 4ans. Chypre doit l’autoriser à rentrer chez lui, auprès de sa famille. Il risque d’être renvoyé en Syrie.