VIÊT-NAM : Libération de prisonniers d’opinion âgés

Index AI : ASA 41/003/2005

Lundi 31 janvier 2005

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International accueille avec grande satisfaction les informations
selon lesquelles plusieurs prisonniers d’opinion seront libérés dans les
prochains jours. Parmi les personnes devant être libérées figurent Nguyen
Dan Que, Nguyen Dinh Huy, Thich Thien Minh et Nguyen Van Ly. Ces libérations
s’inscrivent dans le cadre de l’amnistie générale décrétée pour célébrer la
nouvelle année lunaire (Têt), à la faveur de laquelle 8 000 prisonniers
seront libérés.

« Ces quatre défenseurs des droits humains totalisent quatre-vingt huit
années d’incarcération depuis la fin des années 70, a déclaré Natalie Hill,
directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Asie. Compte tenu de la
dureté des conditions de vie dans les prisons vietnamiennes, il est
remarquable qu’ils soient encore vivants. »

Amnesty International milite en faveur de ces prisonniers d’opinion depuis
de nombreuses années et leur libération est due en partie aux milliers de
bénévoles de l’organisation qui se sont mobilisés dans le monde entier au
fil des années. De la Thaïlande au Portugal, des membres d’Amnesty
International ont organisé des manifestations silencieuses et écrit aux
autorités vietnamiennes et à leur propre gouvernement pour que ces
prisonniers ne soient pas oubliés.

« Les autorités vietnamiennes ont fini par se rendre compte que garder
derrière les barreaux pendant des décennies des hommes âgés n’ayant rien
fait d’autre que de critiquer de manière pacifique la politique du
gouvernement constituait une tragédie pour les personnes concernées et
nuisait à la réputation du pays », a déclaré Natalie Hill.

Nguyen Dinh Huy, âgé de soixante-treize ans, était professeur d’anglais et
d’histoire. Il est le fondateur du Mouvement pour l’unification du peuple et
l’édification de la démocratie et a été arrêté en novembre 1993 avec 11
autres membres de ce mouvement pour avoir prévu la tenue d’une conférence
internationale sur la démocratie et les droits humains à Ho Chi Minh-Ville.
Condamné à quinze ans de réclusion aux termes de la législation sur la
sécurité nationale, il est en mauvaise santé depuis de nombreuses années. Il
avait passé précédemment dix-sept ans en « rééducation » en prison, sans
avoir été inculpé ni jugé.

Nguyen Van Ly, prêtre catholique âgé de cinquante-huit ans, a été arrêté en
mai 2001 et condamné à quinze ans de réclusion en octobre 2001, en
application de la législation sur la sécurité nationale. Il semble que les
activités pacifiques qu’il menait en relation avec ses convictions
religieuses depuis plusieurs années aient été à l’origine de son
incarcération. Parmi ces activités figuraient plusieurs appels en faveur
d’une plus grande liberté religieuse, et la critique de la politique du
gouvernement en matière de droits humains. Il s’agissait de sa troisième
période d’emprisonnement.

Nguyen Dan Que, âgé de soixante-deux ans, médecin de renom et ancien
directeur de l’hôpital Cho-Ray à Ho Chi Minh-Ville, a passé vingt des
vingt-six dernières années derrière les barreaux pour avoir critiqué le
bilan du gouvernement en matière de droits humains. Arrêté en mars 2003, il
était détenu au secret depuis lors. Il souffre de calculs rénaux et
d’hypertension. Il avait été arrêté après avoir rédigé une déclaration, qui
a été publiée à l’étranger, dans laquelle il affirmait qu’il n’y avait pas
de liberté d’information au Viêt-Nam. Nguyen Dan Que avait été condamné à
deux années et demi d’emprisonnement à l’issue d’un procès inique le 29
juillet 2004.

Thich Thien Minh, est un moine bouddhiste de cinquante et un an également
connu sous son nom laïc Huynh Van Ba. Il avait été arrêté et emprisonné en
1979 après avoir reproché au gouvernement d’avoir pris possession de la
pagode où il vivait. La pagode a ensuite était complètement rasée. Il avait
été accusé de tentative de renversement du gouvernement et condamné à la
réclusion à perpétuité. Il a passé de longues périodes à l’isolement et
aurait porté des fers aux pieds et aux mains pendant trois années
consécutives.

« Nous sommes très heureux de la libération anticipée de ces hommes, tout en
n’oubliant pas que de nombreux prisonniers d’opinion se trouvent toujours
dans les prisons vietnamiennes », a déclaré Natalie Hill.

Parmi ceux-ci se trouvent Pham Hong Son, Nguyen Vu Binh et Nguyen Khac Toan
qui appartiennent à un groupe peu structuré d’intellectuels et d’anciens
dignitaires du parti communiste. Ce groupe avait critiqué ouvertement la
politique du gouvernement ; il faisait circuler des pétitions et
communiquait par Internet avec des groupes d’opposition vietnamiens à
l’étranger. Amnesty International demande au gouvernement vietnamien de
libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers d’opinion qui
se trouvent toujours dans les prisons du Viêt-Nam.

« Les Vietnamiens se doivent de faire respecter le droit à la liberté
d’expression pour tous au Viêt-Nam, a conclu Natalie Hill. Nous avons bon
espoir que les droits fondamentaux de ceux qui vont être libérés seront
respectés et que ces personnes pourront vivre librement sans être harcelées
ou intimidées. »

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