VIÊT-NAM : Un cyber dissident bénéficie d’une réduction de peine en appel

Index AI : ASA 41/025/2003
ÉFAI

Mardi 26 août 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le prisonnier d’opinion Pham Hong Son a vu sa condamnation à treize années
d’emprisonnement pour espionnage ramenée à cinq ans de détention et trois
ans de placement en résidence surveillée, au terme d’un procès en appel qui
s’est achevé ce mardi 26 août 2003 à Hanoï.

« Tout en saluant cette décision sans précédent, nous déplorons que Pham
Hong Son demeure derrière les barreaux pour avoir exprimé pacifiquement ses
convictions politiques », a déclaré Amnesty International. L’organisation
demande sa remise en liberté immédiate et inconditionnelle depuis son
arrestation en mars 2002 et a publié un rapport sur cette affaire à la suite
de son procès en juin 2003.

Pham Hong Son a été inculpé d’espionnage pour avoir traduit un article
intitulé « De la démocratie », paru sur le site web de l’ambassade des
États-Unis au Vietnam. Il l’avait envoyé par Internet à des amis et à de
hauts responsables du parti. Il a également écrit un article intitulé « 
Signes prometteurs pour la démocratie au Viêt-Nam », qu’il a aussi transmis
à de hauts responsables du parti. Jamais au cours de ses activités Pham
Hong Son n’a prôné la violence dans son opposition au gouvernement
vietnamien et à sa politique.

« Son procès en appel s’est tenu à huis clos, tout comme son procès, et n’a
guère duré plus de deux heures. La famille n’a bénéficié que d’un accès
limité à la salle d’audience et aucun représentant de la presse ni aucun
diplomate n’a pu y être présent. En outre, les autorités n’ont fourni aucune
information susceptible d’expliquer une réduction si radicale de sa peine
initiale, a déclaré Amnesty International, avant d’ajouter :

« Combien de Pham Hong Son dépérissent dans les prisons vietnamiennes ? Nous
sommes inquiets au sujet de toutes ces personnes sans visage qui ne
bénéficient pas de la même attention et ne suscitent pas la même émotion au
niveau international. »

Le cas de Pham Hong Son s’inscrit dans le cadre de plusieurs affaires
récentes, dans lesquelles des dissidents ont été arrêtés et jugés au cours
de procès bâclés, à huis clos, ne durant que quelques heures et débouchant
sur de lourdes peines d’emprisonnement. Dans nombre de ces affaires, les
dissidents concernés avaient diffusé leurs idées et des informations par le
biais d’Internet.

« Les droits à la liberté d’expression et à l’accès à l’information, ainsi
que l’obligation qui incombe au Viêt-Nam de faire respecter ces droits,
s’appliquent tout autant dans le cyberespace qu’ailleurs. Nous sommes
convaincus que si les autorités faisaient preuve d’une plus grande ouverture
et étaient disposées à accepter les critiques constructives, cela
contribuerait à garantir l’exercice des droits fondamentaux envers lesquels
le Viêt-Nam s’est engagés », a conclu l’organisation de défense des droits
humains.

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