VIETNAM : La peine de mort, un secret honteux

Index AI : ASA 41/003/2004
ÉFAI

Mercredi 7 janvier 2004

Amnesty International exprime son indignation à la nouvelle que le gouvernement vietnamien, dans une décision signée le 5 janvier par le Premier ministre, a transformé en secret d’État le signalement et la diffusion des statistiques sur la peine de mort.

« En se cachant derrière des décrets draconiens pour protéger de soi-disant "secrets d’État", les autorités vietnamiennes bafouent les normes internationales relatives aux droits humains, ainsi que les droits fondamentaux liés à la liberté d’expression et d’accès aux informations », a déclaré l’organisation ce mercredi 7 janvier.

Amnesty International s’oppose dans tous les pays à la peine de mort, qu’elle considère comme le châtiment cruel, inhumain et dégradant ultime, et comme une violation du droit à la vie.

Selon des sources médiatiques vietnamiennes officielles suivies par Amnesty International, plus de 100 personnes ont fait l’objet d’une condamnation à mort et plus de 60 ont été exécutées en 2003. L’organisation estime que ces chiffres sont incomplets et que le nombre véritable des personnes mises à mort par l’État vietnamien est bien plus élevé. Les deux statistiques citées ci-dessus représentent une hausse d’au moins 100% par rapport à l’année précédente.

« La hausse impressionnante du recours à la peine de mort relevée en 2003, y compris pour des infractions économiques, constitue une grave préoccupation et n’est pas justifiée », a souligné Amnesty International. « Au cours de la première semaine de l’année 2004 seulement, six personnes ont déjà été exécutées et trois condamnées à mort », a ajouté l’organisation.

Dans le rapport d’Amnesty International publié en août 2003 République socialiste du Vietnam. La peine de mort : inhumaine et inefficace (index AI : ASA 41/023/2003), l’organisation exprimait son inquiétude quant à l’application de la peine de mort au Vietnam, qu’Amnesty International considère comme contraire aux normes internationales relatives aux droits humains. Prononcée à l’issue de procès fréquemment inéquitables, la peine de mort est appliquée dans des conditions qui peuvent conduire à des erreurs judiciaires irréparables.

L’organisation rappelle aux autorités vietnamiennes que dans une résolution d’avril 2003 sur le recours à la peine de mort, les Nations unies demandent que les informations concernant l’application de la peine de mort et les exécutions prévues soient mises à la disposition du public. Au Vietnam, même les proches des personnes risquant d’être exécutées ne sont pas informés à l’avance.

« Il est étrange de voir un gouvernement, qui croit manifestement en l’effet dissuasif de la peine de mort, essayer à présent d’empêcher toute information sur son application. Ce manque de transparence décrédibilise sa position. Qu’est-ce que les autorités vietnamiennes ont à cacher ? » a demandé Amnesty International ce mercredi 7 janvier.

Pour obtenir le texte complet du rapport sur la peine de mort, merci de consulter : République socialiste du Vietnam. La peine de mort : inhumaine et inefficace http://web.amnesty.org/library/index/fraasa410232003

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