Vote massif à l’ONU pour un traité international sur le commerce des armes. La campagne Contrôlez les armes exige des mesures d’urgence pour mettre fin aux carnages. Seuls les États-Unis et le Zimbabwe se sont opposés.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Ce jeudi 31 octobre, 147 États membres des Nations unies ont voté à une écrasante majorité pour la poursuite des travaux relatifs au traité international sur le commerce des armes. Les responsables de la campagne Contrôlez les armes, qui mobilise plusieurs millions de militants dans le monde entier, ont appris avec satisfaction l’issue du scrutin, tout en appelant les États à accélérer les travaux afin de faire avancer rapidement le processus et garantir un traité fort centré sur les droits humains et le développement.
Le traité a reçu le soutien de 145 États, auxquels deux autres se sont ajoutés par la suite, soit une augmentation par rapport aux 139 États qui, en octobre 2006, avaient voté le début du processus à l’ONU ; cela montre aussi qu’un consensus mondial est en train de se former en faveur d’un tel instrument.

En outre, la résolution était parrainée par 116 des États favorables au traité. Les États d’Afrique, d’Amérique centrale, d’Amérique et du Sud et d’Europe ont voté massivement pour, ce qui traduit une forte demande à l’égard d’un système de contrôle des armes aussi bien de la part de pays sérieusement touchés par la violence armée que de la part des grands exportateurs. Seuls les États-Unis et le Zimbabwe ont voté contre, faisant fi de la tendance mondiale croissante en faveur d’un traité.
Chaque jour, plus de 1 000 personnes sont tuées directement du fait de l’utilisation d’armes à feu, et plusieurs milliers d’autres meurent indirectement à cause de la violence armée ou sont expulsées de leur foyer, chassées de leurs terres, violées, torturées ou mutilées. Depuis le début du processus à l’ONU, en décembre 2006, quelque 695 000 personnes ont été tuées par des armes à feu, d’où le besoin urgent d’un traité sur le commerce des armes. Tout nouvel atermoiement signifierait encore des morts.

Brian Wood, d’Amnesty International, a affirmé :

Avec le vote écrasant d’aujourd’hui, le monde se rapproche de plus en plus d’un traité sur le commerce des armes centré sur le respect des droits humains. Ce n’est qu’ainsi qu’un traité de cette nature pourra réellement mettre un terme au carnage. Avec le vote d’aujourd’hui, il est clair que les principes de la charte des Nations unies et les autres obligations des États sont fondamentaux pour le traité. C’est une honte que les gouvernements des États-Unis et du Zimbabwe se soient opposés sans scrupules contre un traité qui pourrait épargner tant de vies humaines et protéger tant de moyens de subsistance.

Anna Macdonald, d’Oxfam International, a déclaré quant à elle :

La majorité des gouvernements soutiennent maintenant un traité international sur le commerce des armes, et ils doivent désormais agir vite. Avec le vote d’aujourd’hui nous avons fait encore un pas vers la cessation des transferts irresponsables d’armes qui inondent depuis des décennies les zones de conflit du monde, semant la mort et occasionnant des blessures et la pauvreté, à l’instar de ce qui se passe actuellement en République démocratique du Congo. Cependant, ce sont des bonds que nous devons faire, et non pas des pas, car chaque jour de retard signifie la perte de plusieurs centaines de vies.

Mark Marge, du Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL), a déclaré :

Ce vote est une victoire pour les millions de militants à travers le monde. Mais nous ne pouvons nous permettre aucun repos. Tous ceux qui sont opposés à une mauvaise utilisation des armes continueront à agir auprès de leurs gouvernements pour obtenir d’urgence la mise en œuvre d’un instrument juridique et contraignant fort.

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