La Wallonie a exporté pour plus de 22 millions d’euros d’armements vers les Émirats arabes unis

Suite aux déclarations ce mercredi à l’agence Belga du cabinet du ministre-président wallon, Elio Di Rupo, en réaction aux éléments mis en évidence par Amnesty International via l’Observatoire des armes wallonnes concernant les exportations d’armes aux Émirats arabes unis par la Wallonie, l’organisation note que le cabinet évoque pour l’année 2018 des licences octroyées pour des « aciers plats laminés à chaud » et ne fait pas référence aux exportations réalisées à destination de ce pays.

« Si l’on se réfère au rapport de la Banque Nationale de Belgique, il est bien question, dans la catégorie “armes, munitions et leurs parties et accessoires”, d’exportations de la Wallonie vers les Émirats arabes unis pour un montant de 22 578 163 € depuis le début de l’année 2018 ; nous aimerions donc savoir de quoi il s’agit exactement et qui est l’utilisateur final, explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. Par ailleurs, si les licences octroyées en 2018 ne concernent “que” des aciers plats laminés à chaud, pourquoi se retrouvent-elles dans le rapport présenté à la sous-commission “Armes” du Parlement wallon et pourquoi ces aciers ont-ils besoin de licences normalement nécessaires pour exporter des armes et du matériel militaire ? »

Amnesty International remarque également que le cabinet de Monsieur Di Rupo ne remet pas en causes les contradictions soulevées dans le rapport de l’Observatoire entre la volonté affichée du ministre-président de voir « tout le monde respecter le décret [1] [décret du 21 juin 2012 relatif à l’importation, à l’exportation, au transit et au transfert d’armes civiles et de produits liés à la défense] » et la signature de nouvelles licences d’exportation d’armes à destination de l’Arabie saoudite, suspendues par la suite par le Conseil d’État, le 9 mars dernier.

« Toute cette opacité ne fait que renforcer notre détermination à obtenir plus de transparence de la part du gouvernement wallon envers les citoyen·ne·s et envers le Parlement. C’est d’ailleurs ce que nous avons demandé à Monsieur Di Rupo en novembre dernier, lorsque nous l’avons rencontré pour lui remettre quelque 75 000 signatures demandant notamment la fin des transferts d’armes wallonnes à des pays responsables de graves violations des droits humains ou de crimes de guerre, comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis », précise Philippe Hensmans.

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