communique de presse

Yémen. La violente répression d’une manifestation annonce une détérioration alarmante de la situation face aux Houthis

Une enquête impartiale doit être ouverte rapidement sur la mort d’au moins six manifestants, tués par les forces de sécurité gouvernementales à Sanaa, la capitale du Yémen, a déclaré Amnesty International.

« La mort par balles de manifestants pacifiques, dans les rues de la capitale, a accentué les craintes que l’actuel affrontement ne dégénère réellement en un conflit violent  » , a dit Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

«  Il est essentiel que les autorités respectent le droit de manifester pacifiquement, s’abstiennent d’utiliser une force excessive pour disperser des manifestants et veillent à ce que toute personne présumée responsable d’homicide illégal soit jugée au cours d’un procès équitable.  »

D’après des témoins, au moins six personnes ont été tuées et une cinquantaine d’autres blessées lorsque des unités de l’armée protégeant le siège du gouvernement à Sanaa ont brusquement ouvert le feu sur un groupe de manifestants qui s’approchaient.
L’un des manifestants a décrit comment les forces yéménites ont fait usage de mitrailleuses et autres armes :

« Sans aucune sommation ils se sont mis à nous tirer dessus directement à l’arme lourde  », a-t-il raconté à Amnesty International.

Ensuite, la police antiémeute a dispersé la foule à l’aide de canons à eau et de gaz lacrymogène. Alors que les manifestants fuyaient, des membres des forces armées les poursuivaient et arrêtaient ceux qui cherchaient à se réfugier dans des bâtiments, ou même chez eux, à leur propre domicile.

Les témoins ont aussi raconté que les militaires pénétraient dans les hôpitaux accueillant les blessés et arrêtaient toute personne soupçonnée d’avoir participé aux manifestations.

« Au lieu de concentrer leur énergie sur la répression des manifestations, les autorités yéménites devraient ménager leur temps et leurs efforts pour faire en sorte que les Houthis et d’autres puissent manifester pacifiquement, a ajouté Said Boumedouha. Quiconque est détenu uniquement pour avoir pris part à des manifestations pacifiques doit être remis en liberté immédiatement et sans conditions. »

Ces dernières violences à Sanaa ont fait craindre que le conflit armé entre les deux parties dans le nord du pays n’atteigne la capitale. Elles ont toutes les deux été accusées de graves violations du droit international humanitaire commises lors des combats, notamment de bombardements aveugles et de destructions d’écoles et autres biens civils, publics et privés.

Complément d’information

Cela fait plusieurs années que les Houthis d’un côté et les forces gouvernementales et les tribus et milices pro-gouvernementales de l’autre s’affrontent de manière intermittente dans le nord du pays. La dernière vague de ce confit armé interne a débuté au milieu de l’année 2013, et début 2014 il s’était étendu vers le sud, au-delà du gouvernorat de Saada, jusqu’à ceux de Amran, Hajja et Al Jawf.

À la mi-août, les dirigeants des Houthis ont lancé un appel à des sit-ins pacifiques à Sanaa pour demander la démission du gouvernement, un retour en arrière sur la suppression des subventions gouvernementales pour l’essence et des réponses à d’autres revendications politiques. Début septembre, les autorités ont annoncé une série de mesures en réponse aux revendications, mais le groupe d’opposition les a refusées au motif qu’elles n’étaient pas suffisantes et a appelé à une intensification des protestations pacifiques en organisant des manifestations.

Le 29 août, le Conseil de sécurité des Nations unies a prié les Houthis de « retirer leurs forces d’Amran et de restituer le contrôle de la ville au Gouvernement yéménite ; [de] mettre fin à toutes attaques armées dirigées contre le Gouvernement yéménite dans la province d’Al-Jawf ; [de] démonter les camps et de supprimer les points de contrôle qu’ils ont établis à Sanaa et alentour  ».

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