Communiqué de presse

Zéro minute de silence — Personne ne nous fera taire, même pas une seconde

Le massacre perpétré par des hommes armés dans les locaux de Charlie Hebdo exige une réponse qui mette fin à l’impunité et garantisse les droits fondamentaux de toutes et de tous partout dans le monde. Ainsi, Amnesty a lancé une grande campagne d’action pour inviter le public à agir concrètement en faveur de personnes emprisonnées pour avoir défendu la liberté d’expression.

Le massacre perpétré par des hommes armés dans les locaux de Charlie Hebdo a provoqué des réactions dans le monde entier. « Ce carnage exige une réponse qui mette fin à l’impunité et garantisse les droits fondamentaux de toutes et de tous », rappelle Amnesty International, qui signale par ailleurs que de nombreuses autres atteintes à la liberté d’expression ont lieu partout dans le monde en ce moment.

« Ce vendredi, Raif Badawi, un jeune blogueur, a été fouetté en public en Arabie Saoudite parce qu’il a créé un forum sur Internet ; il va encore subir 950 coups de fouet dans les semaines à venir », signale Philippe Hensmans, directeur de l’organisation.

D’autres personnes, pour ne citer que quelques exemples, paient le prix fort pour avoir osé s’exprimer : en Azerbaïdjan, Khadija Ismayilova est en détention provisoire. Liu Xiaobo, éminent homme de lettres chinois et lauréat 2010 du prix Nobel de la paix, purge actuellement une peine de 11 ans d’emprisonnement pour « incitation à la subversion de l’État ». Au Mexique, des journalistes se font massacrer parce qu’ils osent enquêter sur les gangs et la corruption. Plusieurs dizaines de blogueurs sont détenus au Vietnam, parce qu’ils ont le courage d’inciter au débat.

« Ces quelques exemples montrent combien la liberté d’expression est constamment attaquée, mais aussi et surtout qu’ils sont des centaines à ne pas avoir peur, ajoute Philippe Hensmans. Des centaines, des milliers de personnes risquent leur vie et parfois en meurent, comme Cabu, Wolinski, et bien d’autres, simplement parce qu’elles font leur travail. Alors il nous revient de dire aux responsables de tout cela : « même pas peur ». Et de continuer à nous mobiliser pour défendre ces artisans de la démocratie, encore et encore. »

Amnesty International rappelle aussi qu’elle demande la justice, non la vengeance.
« Nous demandons à ce que les mesures d’exception, les mesures de lutte contre le terrorisme qui seraient prises, respectent les libertés fondamentales, qu’elles soient proportionnées et non discriminatoires », tient-elle à rappeler.

Dans ce cadre, l’association a lancé une grande campagne d’action soutenue par des actions publicitaires qui invite le public à agir concrètement en faveur de personnes emprisonnées pour avoir défendu la liberté d’expression.

Amnesty International appelle aussi ses membres et le grand public à acheter ce samedi l’un des quotidiens qui distribuent les autocollants « Je suis Charlie ».

Deux pétitions sont proposées :

 l’une en faveur de Raif Badawi, 30 ans, qui a été fouetté en public devant une foule de fidèles après la prière hebdomadaire, près de la mosquée al-Jafali, selon ces témoins.
Emprisonné en 2012, Raef Badawi a été condamné en novembre à dix ans de prison et 1.000 coups de fouet à être répartis sur 20 semaines.

 l’autre en faveur de Liu Xiaobo, homme de lettres chinois et lauréat 2010 du prix Nobel de la paix, qui purge actuellement une peine de 11 ans d’emprisonnement pour « incitation à la subversion de l’État ».

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