Zimbabwe, Les autorités continuent à réprimer la dissidence

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Les autorités zimbabwéennes continuent à réprimer la dissidence ; pour preuve, elles viennent d’arrêter un éminent journaliste, qui a dénoncé un scandale de plusieurs millions de dollars dans lequel seraient impliqués des représentants de l’État, et un journaliste qui a appelé la population de tout le pays à manifester contre la corruption le 31 juillet.

Hopewell Chin’ono, un journaliste d’investigation, et Jacob Ngarivhume, un militant à l’instigation de la manifestation du 31 juillet, ont été arrêtés le 20 juillet à Harare. Hopewell Chin’ono a dénoncé des actes de corruption présumés, notamment dans le cadre de l’achat de fournitures médicales destinées à la lutte contre le COVID-19.

« Les arrestations d’Hopewell Chin et de Jacob Ngarivhume sont des manœuvres d’intimidation, qui visent à envoyer un message dissuasif aux journalistes, aux lanceurs et lanceuses d’alertes et aux militant·e·s qui attirent l’attention sur des questions d’intérêt public au Zimbabwe, a déclaré Deprose Muchena, directeur du programme Afrique de l’Est et Afrique australe à Amnesty International.

« Il faut que les autorités zimbabwéennes cessent de s’appuyer abusivement sur le système judiciaire pour persécuter des journalistes et des militant·e·s qui n’ont fait qu’exercer leurs droits aux libertés d’expression et de réunion pacifique. Elles ne doivent plus se servir de la police ni des tribunaux pour étouffer la dissidence. »

Des défenseur·e·s locaux des droits humains craignent que la police ne prenne pour cible tous les militant·e·s soupçonnés d’être à l’origine de la manifestation contre la corruption. Ce rassemblement est associé au mot-dièse #31July.

« Il faut que les autorités libèrent Hopewell Chin’ono et Jacob Ngarivhume immédiatement et sans condition. Ces hommes n’ont commis aucune infraction et personne ne devrait être détenu pour avoir manifesté pacifiquement ou relayé des allégations de corruption. »

Complément d’information

Hopewell Chin’ono a été arrêté le 20 juillet au matin à son domicile, à Harare. La police est entrée de force et a tenté d’intimider ses employés de maison avant de l’arrêter. Ce journaliste avait relayé des allégations faisant état de contrats d’une valeur totale de 60 millions de dollars des États-Unis conclus entre le ministère de la Santé et des entreprises pour la fourniture de produits nécessaires à la lutte contre le COVID-19, notamment d’équipements de protection individuelle, dont le prix aurait été gonflé artificiellement.

Jacob Ngarivhume, arrêté le même jour, dirige Transformation Zimbabwe, une organisation non gouvernementale (ONG) locale. Il est soupçonné d’être l’un des organisateurs de la manifestation contre la corruption qui doit avoir lieu le 31 juillet.

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