Zimbabwe, Les autorités empêchent des manifestations et poursuivent les militants

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Les autorités du Zimbabwe ont empêché une manifestation pacifique contre la corruption qui devait avoir lieu aujourd’hui et lancé une chasse aux sorcières contre les militant·e·s politiques et des droits humains soupçonnés d’être à l’origine de cette manifestation.

Des militant·e·s se sont réfugiés dans la clandestinité quand la police a publié une liste de noms de défenseur·e·s des droits humains recherchés pour être interrogés au sujet des manifestations qui étaient prévues. Des dirigeants de l’opposition seraient également recherchés par la police, et six autres ont déjà été arrêtés.

« Les violentes attaques visant les militant·e·s politiques et les défenseur·e·s des droits humains qui ont eu le courage de dénoncer des faits de corruption présumés et de demander le respect de l’obligation de rendre des comptes de la part de leur gouvernement s’intensifient. La persécution de ces militant·e·s prend la forme d’une utilisation abusive du système pénal et d’un simulacre de justice, a déclaré Muleya Mwananyanda, directeur adjoint pour l’Afrique australe à Amnesty International.

« Ce dernier épisode en date de la chasse aux sorcières et de la répression visant les dissidents pacifiques s’inscrit dans la continuité de ce que nous avons observé dans le pays ces dernières années, notamment avec l’enlèvement et l’arrestation arbitraire de personnes ayant critiqué le gouvernement, ces agissements ayant pour but de museler les voix dissidentes. Le fait que la manifestation ait été empêchée illustre l’intolérance totale des autorités à l’égard des personnes qui les critiquent. »

Six militants ont été arrêtés ou enlevés ces derniers jours, dans le but d’empêcher la tenue de manifestations aujourd’hui. Parmi les personnes arrêtées aujourd’hui figurent Fadzayi Mahere, porte-parole de la formation d’opposition MDC-Alliance, et Henry Chivanga, un militant qui se bat pour les droits des personnes vivant avec un handicap. La police a aussi arrêté la sœur du journaliste d’investigation Mduduzi Mathuthu le 30 juillet, et elle a refusé de la relâcher jusqu’à ce que le journaliste se rende au commissariat central de Bulawayo. Mduduzi Mathuthu, qui est le rédacteur en chef de publication en ligne Zimlive, a été inculpé pour avoir organisé les manifestations. Sa sœur a été remise en liberté le 30 juillet.

En amont des manifestations qui étaient prévues pour aujourd’hui, les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans les grandes villes du pays, notamment en bouclant le quartier central des affaires de Harare, sous couvert d’application des mesures liées au COVID-19.

« Le fait de manifester pacifiquement n’est pas une infraction »

« Les autorités du Zimbabwe doivent cesser d’utiliser la pandémie de COVID-19 comme prétexte pour restreindre les droits humains. Le fait de manifester pacifiquement n’est pas une infraction, et les raisons qui les poussent à étouffer ce mouvement de protestation sont parfaitement claires, a déclaré Muleya Mwananyanda.

« Les autorités doivent permettre aux Zimbabwéen·ne·s d’exercer librement leurs droits fondamentaux, y compris leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Les autorités doivent cesser de harceler, d’intimider et d’arrêter des personnes qui n’ont fait qu’exprimer pacifiquement leurs opinions. »

Complément d’information

Le gouvernement a lancé la semaine dernière, en amont des manifestations qui étaient prévues pour aujourd’hui, une opération de répression, avec l’arrestation de l’éminent journaliste Hopewell Chin’ono et du dirigeant de l’opposition Jacob Ngarivhume. Hopewell Chin’ono a été arrêté pour « incitation à la violence publique » ; il a manifestement été pris pour cible parce qu’il a dénoncé des faits présumés de corruption concernant la passation de marchés pour des équipements de protection individuelle liés au COVID-19.

Jacob Ngarivhume avait appelé à une manifestation pacifique nationale contre la corruption, qui ronge les moyens de subsistance des gens et contribue au déni des droits humains. Les deux hommes se trouvent toujours en garde à vue et les autorités ont refusé de leur accorder une libération sous caution au motif qu’ils continuent de représenter un danger pour la paix dans le pays.

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