Zimbabwe. Il faut faire des droits humains une priorité du programme politique

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Alors que les partis politiques zimbabwéens finalisent la constitution d’un nouveau gouvernement, Amnesty International exhorte le nouveau régime à faire preuve de son engagement envers les droits humains au cours des 100 premiers jours de son entrée en fonction.

L’organisation a publié un programme en cinq points relatif aux droits fondamentaux que le nouveau gouvernement devrait mettre en œuvre dès le début de son mandat, en vue de s’attaquer à l’impunité qui sévit depuis trop longtemps au Zimbabwe s’agissant des atteintes aux droits humains.

« Depuis près d’une décennie, le peuple du Zimbabwe endure de terribles souffrances en raison des politiques que mène le gouvernement contre ses opposants présumés. C’est dans ce contexte que nous demandons au président Robert Mugabe et au Premier ministre désigné Morgan Tsvangirai de prendre des mesures concrètes afin de montrer l’attachement de leur gouvernement aux droits fondamentaux internationalement reconnus", a déclaré Simeon Mawanza, spécialiste du Zimbabwe à Amnesty International.

« La dégradation des conditions économiques et sociales doit également être une priorité de ce gouvernement. La population du Zimbabwe a besoin de toute urgence de nourriture, de logements, de soins médicaux élémentaires, d’eau potable sûre, de sanitaires et d’un système d’éducation, a expliqué Simeon Mawanza. Si le gouvernement n’est pas en mesure de fournir ces biens et services de première nécessité, il doit solliciter la coopération et l’aide internationales et lever toutes les restrictions inutiles. »

En outre, Amnesty International a demandé la libération immédiate et sans condition des prisonniers d’opinion Jestina Mukoko, Broderick Takawira et Pascal Gonzo. Ces trois défenseurs des droits humains sont maintenus en détention depuis le début du mois de décembre, après avoir été enlevés par des agents de la Sûreté de l’État. L’organisation a aussi fait part de ses préoccupations quant aux mauvais traitements infligés de manière prolongée aux prisonniers politiques, comme Fidelis Chiramba du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) qui, selon certaines informations, doit être hospitalisé de toute urgence.

Note aux rédacteurs

Le 5 février, le Parlement du Zimbabwe a adopté l’amendement n° 19 de la Constitution, qui permet la mise sur pied d’un « gouvernement inclusif ». D’après un calendrier approuvé par les deux parties, Morgan Tsvangirai du MDC deviendra Premier ministre du pays le 11 février et sera assisté de deux vice-Premiers ministres. D’autres membres du gouvernement et des vice-ministres prêteront serment le 13 février.

On sait qu’au moins 30 détenus politiques se trouvent actuellement derrière les barreaux. Parmi eux figurent notamment Jestina Mukoko, directrice de Projet de paix pour le Zimbabwe (ZPP), deux membres du personnel de son organisation et plus d’une vingtaine de militants du MDC enlevés entre octobre et décembre 2008. Accusé de torture, l’État a fait obstacle à maintes reprises aux tentatives des prisonniers de bénéficier de soins médicaux dont ils avaient cruellement besoin.

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