Communiqué de presse

Zimbabwe. Il faut retrouver Itai Dzamara, journaliste et militant en faveur de la démocratie

Les autorités zimbabwéennes doivent de toute urgence intensifier leurs recherches pour retrouver le journaliste et militant en faveur de la démocratie Itai Dzamara, a déclaré Amnesty International jeudi 9 avril, un mois après sa disparition forcée. Elles doivent également informer l’opinion publique des progrès de l’enquête effectués jusqu’à présent.

Au mois de mars, un juge de la Haute Cour avait ordonné à la police zimbabwéenne et aux agents des services de sécurité de l’État d’entamer des recherches pour retrouver Itai Dzamara, notamment en diffusant des avis de disparition à la radio et dans les journaux. La Haute Cour a également demandé à être informée de la progression des investigations tous les quinze jours.

« Il est inquiétant qu’un mois après l’enlèvement d’Itai Dzamara, aucune enquête crédible ne semble être en cours. Il est également alarmant que la police et les services de sécurité de l’État n’aient pas tenu informée la Haute Cour comme ils devaient le faire », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique australe.

« Si quelqu’un peut tout simplement disparaître sans laisser la moindre trace, on est en droit de se demander qui est vraiment en sécurité au Zimbabwe. Aux termes du droit international, la disparition forcée est un crime qui nécessite l’ouverture d’une enquête et dont les auteurs doivent être déférés à la justice. »

Le 9 mars, cinq hommes ont enlevé Itai Dzamara alors qu’il était chez le coiffeur à Glen View, une banlieue de Harare. Ses ravisseurs l’auraient accusé d’avoir volé du bétail avant de le menotter, de le forcer à monter dans un fourgon blanc dont les plaques d’immatriculation avaient été dissimulées et de démarrer.

Des militants locaux craignent qu’il ait été enlevé par des agents des services de sécurité de l’État. Ni sa famille ni les avocats spécialisés en droits humains qui suivent l’affaire n’ont obtenu la moindre information sur son sort, en dépit du fait que le poste de police de Glen Norah à Harare ait été informé de son enlèvement le mois dernier.

« La disparition forcée d’une personne connue pour critiquer le gouvernement sans laisser aucune trace est préoccupante dans un pays qui a autrefois mené une répression violente à l’encontre des opposants politiques. Si les forces de sécurité zimbabwéennes veulent dissiper les craintes quant à leur complicité présumée dans la disparition d’Itai Dzamara, il faudrait qu’elles prennent leurs responsabilités en déterminant le lieu où il se trouve et en le ramenant sain et sauf », a déclaré Deprose Muchena.

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