Zimbabwe. Journée de l’Indépendance - Parler ne suffit pas, il faut agir

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Alors que le Zimbabwe se prépare à commémorer son indépendance samedi 18 avril, Amnesty International s’inquiète de ce que les violations des droits humains que continuent de commettre certaines personnes au sein du gouvernement risquent de porter préjudice au gouvernement de coalition.

« Des violations des droits humains sont commises sur ordre de certains éléments au sein du gouvernement, qui ne semble pas vouloir ou pouvoir faire quelque chose pour mettre fin à cette situation », a déclaré Simeon Mawanza, spécialiste du Zimbabwe à Amnesty International.

L’organisation s’est dite en particulier préoccupée par le maintien en détention de trois détenus politiques plus de quatre mois après leur enlèvement par des agents des services de sécurité de l’État. Ces personnes font l’objet d’inculpations qui ont vraisemblablement été forgées de toutes pièces par le gouvernement précédent.

D’autres détenus libérés en mars, dont Jestina Mukoko, sont toujours sous le coup d’inculpations qui font douter de la volonté réelle du gouvernement de mettre fin aux violations des droits humains dont le gouvernement précédent se rendait systématiquement responsable contre ceux qu’il percevait comme des opposants.

« Le nouveau gouvernement de coalition est investi d’immenses espoirs et il doit instaurer la primauté de la loi et le respect des droits humains s’il veut conserver sa crédibilité auprès du reste du monde, a souligné Simeon Mawanza. La phase qu’il traverse actuellement est particulièrement critique. »

Amnesty International s’est dite très déçue par l’attitude non interventionniste de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de l’Union africaine (UA) lorsqu’il apparaissait clairement que l’esprit et la lettre de l’accord sur le partage du pouvoir signé par les partis politiques étaient mis en péril par certains membres du parti du président Robert Mugabe, la ZANU-PF.

« En tant que garants de cet accord, la SADC et l’UA sont tenues d’user de leur influence pour mettre fin aux atteintes aux droits humains au Zimbabwe. Ces deux instances manquent totalement à leurs devoirs », a déclaré Simeon Mawanza.

« La SADC et l’UA ont fermé les yeux, espérant que les problèmes se résoudraient d’eux-mêmes. Une telle attitude fait le jeu de ceux qui redoutent que le succès de ce gouvernement les contraigne à rendre des comptes pour les violations des droits humains commises par le passé. »

Amnesty International a également reproché au gouvernement de ne pas avoir ouvert d’enquête sur les informations faisant état de la disparition forcée de militants politiques et de défenseurs des droits humains dont se seraient rendus coupables des agents de l’État entre octobre et décembre 2008.

« Il est scandaleux que le nouveau gouvernement n’ait toujours pas enquêté sur plus d’une trentaine de disparitions forcées ayant eu lieu au cours des douze derniers mois. Les allégations de torture et de mauvais traitements n’ont pas fait l’objet non plus d’investigations de la part des autorités. En fait, l’État semble vouloir protéger les auteurs de tels agissements », a conclu Simeon Mawanza.

L’organisation a également mis au défi le gouvernement de respecter la promesse qu’il avait faite de libérer les médias en délivrant des autorisations aux médias locaux tels que le Daily News, qui a été interdit, et la station de radio communautaire Radio Dialogue, et en laissant les médias internationaux travailler librement au Zimbabwe.

« Le nouveau gouvernement est en place depuis plus de deux mois maintenant. Rien ne justifie que des mesures telles que la libéralisation des médias n’aient pas encore été prises, de telles mesures ne coûteraient rien financièrement au gouvernement. »

Notes aux rédacteurs

Le gouvernement a interjeté appel auprès de la Haute Cour contre la décision de mise en liberté sous caution dont ont bénéficié les prisonniers politiques Kisimusi Dhlamini, Andrison Manyere et Gandhi Mudzingwa, détenus depuis plus de quatre mois sous l’inculpation de « terrorisme ». Le gouvernement a invoqué l’article 121 du Code de procédure pénale, qui était utilisé auparavant pour retarder la libération des prisonniers politiques.

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